Les retards enregistrés dans les opérations portuaires, profitent davantage aux opérateurs étrangers qu'au développement de l'économie nationale.
Experts dans les domaines maritimes, chefs d'entreprises et opérateurs économiques liés au secteur, ont fait un constat des plus alarmants sur l'état des ports au niveau national. Réda Hamiani, président du forum des chefs d'entreprise (FCE), a indiqué que les déclarations du ministre des Transports ne répondent pas aux attentes des opérateurs économiques activant dans le secteur. «C'est le ministre des Transports lui même qui a déclaré, il y a quelques jours, lors d'une réunion de travail, que l'Etat n'est pas près de laisser le privé gérer les activités portuaires qui relèvent du domaine politico économique» a-t-il déploré, hier, au siège du FCE à Alger. Le FCE a lancé un appel aux pouvoirs publics pour une relance «résolue» et «urgente» des réformes touchant au secteur portuaire qui a un impact direct sur le développement de l'économie nationale. Selon M.Hamiani, l'Etat doit se concentrer sur sa mission régalienne tout en autorisant une plus grande implication de partenaires économiques et des investisseurs privés dans la gestion des activités multiples au sein des enceintes portuaires.
Regrettant le grand retard en matière de réalisation et la prise en charge réelle, de l'ensemble des activités portuaires algériennes, qui constituent une moyenne de 90% de l'économie nationale, les experts ont pointé du doigt la gestion du port d'Alger par Dubaï port, «qui n'a apporté aucune valeur ajoutée à l'économie du pays, sauf de s'arranger à ramasser le maximum d'argent en profitant des lacunes et de la désorganisation totale du secteur», ont-ils déploré. Il va falloir attendre la nomination d'un nouveau ministre des Transports pour voir une nouvelle dynamique portuaire qui prend en considération la chaîne de l'ensemble des opérateurs économiques activant dans le domaine, ont ils souligné.
Pour appuyer leurs doléances, les experts ont révélé que les délais moyens de transit des marchandises dans les grands ports modernes dans le monde se comptent en heures, mais le délai moyen pour les ports algériens, se situe entre 30 et 35 jours, d'où les surfacturations qui se font au dépens des
opérateurs et du coût de la facture élevée qui se répercute sur l'économie nationale.
Abdelkader Boumessilla, expert dans le domaine, et ex-PDG de l'entreprise portuaire de Béjaïa (EPB), a souligné que «le principe de la transparence doit être érigé en règle de gestion et de fonctionnement des ports algériens afin de sortir de la léthargie que vit le secteur portuaire».
Selon le même expert, «les réformes du secteur peuvent porter, soit sur la création de nouveaux ports à travers la conclusion de partenariats public-privé soit sur la concrétisation de l'option de démonopolisation de la gestion portuaire».
D'autres chefs d'entreprises, n'ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur les responsables du port d'Oran. «Les transitaires d'Oran, considèrent le port d'Oran comme un royaume. Les membres de la famille peuvent régler leurs problèmes en quelques temps. Sauf les opérateurs qui ne font pas partie de cette famille du port d'Oran», ont-ils déploré.
Pour bien mesurer le véritable impact négatif dû aux étranglements que vivent les ports nationaux, les experts ont révélé des surcoûts directs à cause du dysfonctionnement occasionné par la fuite en avant et la bureaucratie administrative.
Selon les estimations des experts, «il serait question de perte de 2 à 3 milliards de dollars par an, ce qui correspond approximativement au coût de la réalisation d'un port de taille mondiale pour chaque année», a-t-on affirmé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar CHEKAR
Source : www.lexpressiondz.com