Oran - Revue de Presse

Les mœurs, la patience et le pardon



Les mœurs, la patience et le pardon Dans ce même contexte, il serait instructif de nous référer à la sourate Al Assr (Le temps, ou le pré crépuscule), l’une des plus petites du Coran, par le nombre de ses versets, mais parmi les plus grandes par son vaste horizon et sa grande portée, car, selon une certaine opinion, elle résumerait, toute seule, l’Islam. Pour la gouverne du lecteur, voici cette sourate : «Par le Temps! L’homme est en perdition. Sauf ceux qui ont cru et font œuvres pies, et se sont recommandés réciproquement la justice et la patience», (3 versets). Et parce que cette sourate contient la patience, avec la foi, la justice et le bien, on rapporte que l’imam Al Chafi’i a dit : «Si les hommes (et les femmes) se comportent selon cette sourate, ils n’auraient plus besoin d’autre chose pour leur salut», voulant, par là, dire qu’elle résume en elle tout l’Islam, dans sa lettre et dans son esprit, et affirmant l’importance de la patience dans la genèse de la foi.Nous devrions, ici, faire remarquer que, dans l’acception coranique du terme, la patience est un des éléments constitutifs de la foi. Une telle opinion pourrait paraître excessive. Mais, dans sa réalité et sa vérité, elle apparaît en conformité avec le climat spirituel et doctrinal qui prévaut dans tous les versets relatifs à la patience, qui se distinguent par leur diversité formelle, et leur stricte concordance fondamentale. Cela signifie que le Musulman, qui ne s’arme pas de patience, et ne croit pas qu’elle est un moyen de salut et d’accès au paradis, serait, dans une certaine proportion et d’une certaine manière, identifié au Musulman qui ne pratique pas la prière, considérant qu’elle n’est d’aucune utilité. La patience est partie intégrante de l’Islam et indissociable de lui. Ceux qui se sont recommandés la patience, comme ceux qui se sont recommandés la justice et le bien, ne sont pas perdants - ne sont pas «en perdition» - mais gagneront le paradis et rencontreront leur Seigneur Dieu. Dieu n’a pas recommandé la patience, en laissant aux Croyants la liberté de leur choix : ils s’arment de patience, s’ils le veulent, ou d’impatience, s’ils le veulent. C’est ce qui différencie l’Islam des autres religions révélées. Il est la consolation et le remède et le chemin au ciel. ... Au même titre que la patience, Dieu recommande le pardon, avec cette différence qui se résume en ce que la patience est impérative, et que le pardon est laissé au libre choix du Croyant. A titre d’exemple : «Un mal est puni par un mal similaire. Mais quiconque pardonne et fait du bien, sa récompense incombe à Dieu, il n’aime pas les injustes», [Al Choura (La Consultation) : 4]. Ainsi, Dieu n’impose pas le pardon, mais le laisse à l’appréciation du Croyant. Car si le pardon était obligatoire, le pardonneur n’aurait plus de mérite, ne disposant pas de liberté de décider et de choisir. Suite et fin Nasri Salhab
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