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Les minarets, ces gardiens du patrimoine de l'époque des Lumières



Les minarets, ces gardiens du patrimoine de l'époque des Lumières
En quittant donc l'autoroute, tout en s'enfonçant de quelques kilomètres vers le Nord, et à un jet de pierre de la frontière marocaine, la ville de Meghagha offre à ses hôtes un présent authentique, d'une richesse inestimable, en l'occurrence, la mosquée Ibn Madja, autour de laquelle gravite la cité. Rescapée d'une époque glorieuse de la civilisation arabo-mauresque, l'architecture de ce lieu de culte est sans commune mesure avec tout ce qui se construit aussi. Bien qu'elle soit de construction récente, l'âme de la mosquée perpétue, pour ainsi dire, à travers ses moindres coins et recoins, la grandeur et le génie de nos aïeuls. Son minaret qui s'élance vers le ciel et ses quatre parois, tapissées de briques pleines et d'ornements sobres et jolis, donne aux visiteurs une esquisse non trompeuse de ce qu'il les attend une fois à l'intérieur de ce lieu d'adoration où se mêlent harmonieusement le raffinement architectural et la noblesse des matériaux la façonnant. « Pour moi, c'est un passage obligé. A chaque fois que je vient à Marsa Ben M'hidi, j'effectue une escale ici. Le temps de faire la prière et me reposer », confie un Oranais. Pour son ami, faire escale à Meghagha est une chose sacrée. « Même si j'arrive ici à midi, j'attends jusqu'à après la prière de Dohr pour reprendre la route. C'est une habitude que je ne peux en aucun cas enfreindre », insiste-t-il. En dépassant Meghagha, un autre repère de la civilisation des Zianides absorbe la curiosité des usagers de la route. C'est la mosquée Oussama-Ibn-Zaïd, dans la localité de Souani. Là aussi, aucune bâtisse de la bourgade ne peut rivaliser avec la beauté architecturale de cette mosquée. « La maison de Dieu est sacrée. Le moins que l'on puisse faire est de l'entretenir pour la rendre à chaque fois plus belle et plus majestueuse. Car au-delà de l'aspect purement cultuel, elle doit cristalliser en elle, toute la beauté patrimoniale de la région pour perpétuer l'authenticité léguée par nos ancêtres », confie un vieux de Souani. La mosquée de la ville de Sidi Boudjnane, baptisée au nom de Anès-Ibn-Malek, permet, elle aussi, aux visiteurs de faire un voyage dans le passé glorieux de la région. Idem pour la mosquée de Bab El Assa, actuellement en construction, dont le minaret quasiment achevé atteste d'emblée de la volonté de la population locale de perpétuer la tradition architecturale dans toute sa pureté conceptuelle. La mosquée principale de Marsa Ben M'hidi, du nom de Abdelhamid-Ibn-Badis, dispose de deux minarets, dont le plus imposant, tapissé de briques couleur rouge virant vers le sombre, est joliment disproportionné par rapport à la bâtisse reposant sur une grande surface. Ici, on ne peut pas la perdre de vue. Elle sert même de repère pour les visiteurs désorientés, tant qu'elle est visible de n'importe quel lieu de la ville. Située sur un axe principal, la mosquée en question est facile d'accès. « Je fais toutes mes prières ici, sauf en cas d'empêchement ou de déplacement. Cette mosquée se situe dans un endroit stratégique et proche de ma résidence », affirme un père de famille d'Alger. En somme donc, même si les maisons ont perdu en grande partie la beauté que seule l'architecture d'antan en a le secret, les mosquées de l'extrême ouest du pays, en revanche, perpétuent à nos jours ce legs jalousement transmis d'une génération à une autre.


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