Oran - Revue de Presse

Les mille et une nuits



Billet du prince Camaralzaman à la princesse de Chine CLXXXXIIe nuit Le prince Assad, qui savait nager, s’aida de ses pieds et de ses mains avec tant de courage, à la faveur des flots qui le secondaient, qu’il en eut assez pour ne pas succomber et pour gagner terre. Quand il fut sur le rivage, la première chose qu’il fit fut de remercier Dieu de l’avoir délivré d’un si grand danger et tiré encore une fois des mains des adorateurs du feu. Il se dépouilla ensuite; et, après avoir bien exprimé l’eau de son habit, il l’étendit sur un rocher où il fut bientôt séché, tant par l’ardeur du soleil que par la chaleur du rocher qui en était échauffé. Il se reposa cependant en déplorant sa misère, sans savoir en quel pays il était ni de quel côté il tournerait. Il reprit enfin son habit et marcha, sans trop s’éloigner de la mer, jusqu’à ce qu’il eût trouvé un chemin, qu’il suivit. Il chemina plus de dix jours, par un pays où personne n’habitait et où il ne trouvait que des fruits sauvages et quelques plantes le long des ruisseaux, dont il vivait. Il arriva enfin près d’une ville qu’il reconnut pour celle des Mages, où il avait été si fort maltraité, et où son frère Amgiad était grand vizir. Il en eut de la joie; mais il fit bien résolution de ne pas s’approcher d’aucun adorateur du feu, mais seulement de quelques musulmans; car il se souvenait d’y en avoir remarqué quelques-uns, la première fois qu’il y était entré. Comme il était tard et qu’il savait bien que les boutiques étaient déjà fermées et qu’il trouverait peu de monde dans les rues, il prit le parti de s’arrêter dans le cimetière, qui était près de la ville, où il y avait plusieurs tombeaux élevés en façon de mausolée. En cherchant, il en trouva un dont la porte était ouverte; il y entra, résolu à y passer la nuit. Revenons présentement au vaisseau de Behram. Il ne fut pas longtemps à être investi de tous les côtés par les vaisseaux de la reine Margiane, après qu’il eut jeté le prince Assad dans la mer. Il fut abordé par le vaisseau où était la reine, et, à son approche, comme il n’était en état de faire aucune résistance, Behram fit plier les voiles, pour marquer qu’il se rendait. La reine Margiane passa elle-même sur le vaisseau et demanda à Behram où était l’écrivain qu’il avait eu la témérité d’enlever ou de faire enlever dans son palais. «Reine, répondit Behram, je jure à Votre Majesté qu’il n’est pas sur mon vaisseau; elle peut le faire chercher, et connaître par là mon innocence.» Margiane fit faire la visite du vaisseau avec toute l’exactitude possible; mais on ne trouva pas celui qu’elle souhaitait si passionnément de trouver, autant parce qu’elle l’aimait que par la générosité qui lui était naturelle. Elle fut sur le point d’ôter la vie à Behram de sa propre main; mais elle se retint, et elle se contenta de confisquer son vaisseau et toute sa charge et de le renvoyer par terre, avec tous ses matelots, en lui laissant sa chaloupe pour y aller aborder. A suivre…
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