
A Oran, le constat est le même: la campagne pour la présidentielle de 2014 a été terne et sans aucun goût. «Les candidats ont, dans leurs sorties, surfé vaguement sans aborder les sujets en profondeur», ont affirmé plusieurs journalistes exerçant dans la deuxième ville du pays.La campagne électorale prend fin le 13 avril, à minuit et ce, après que les candidats et leurs représentants ont, en l'espace de trois semaines, sillonné les villes principales du pays en tentant de convaincre la population, quant à se rendre en masse aux urnes.«Nous avons assisté à une campagne froide du fait que les gens savent que c'est joué d'avance», dira Djafar Bensalah, journaliste dans le quotidien arabophone El Khabar. Pourtant, les salles abritant les rassemblements ne désemplissent pas. Djafar Bensalah poursuivra indiquant que «ceux qui remplissent les salles sont ramenés de dehors».Kheira Benoudène, journaliste à Ennasr estime que «le discours utilisé est à celui des élections municipales».Et d'ajouter: «J'ai senti que certains candidats mènent une campagne pour les élections locales vu l'absence de stratégie de communication». «Leurs discours doivent être stratégiquement ficelés par des spécialistes comme il se fait ailleurs, chose qui ne se fait pas chez nous», a-t-elle relevé.Pour cette journaliste «nous sommes encore loin des pays où les candidats se préparent en définissant à l'avance leurs stratégies de communications à commencer par leur look vestimentaire et comportement sur l'estrade et leur verbe en se mettant face-à-face avec les foules».«Leurs exposés sont parfois difficilement accessibles même aux journalistes en couverture», a-t-elle analysé.Kheira Benoudène regrette également «l'absence de la culture politique chez les foules. «Cela est la résultante de l'absence du militantisme, les populations viennent assister dans le seul but d'ambitionner, quant à tirer les dividendes de leur présence». Mokhtar Dahnache du quotidien arabophone El Bilad estime que «le climat politique qui était froid à ses débuts, n'a été perceptible à Oran qu'à partir de la deuxième semaine de la campagne électorale et ce, suite au rassemblement animé par Abdelmalek Sellal, directeur de campagne du candidat Bouteflika» ajoutant que «la rue se désintéresse totalement, vu l'absence de travail de proximité devant être fait par les candidats et leurs relais locaux». Les électeurs sont donc appelés à voter jeudi 17 avril. Mokrani Salah, journaliste à El Adjoua indiquera que «la campagne pour cette présidentielle est la plus drôle dans l'histoire du pluralisme», expliquant que «des rassemblements ont été animés devant des assistances qui sont loin d'être politisées». «Ces foules ne font qu'applaudir sous les entonnements de karkabou», a-t-il relevé. Les populations locales retiennent «les monts et merveilles promis par les candidats qui ont fait fi en ne relevant pas dans leurs discours.Ce qui semble intéresser les candidats, c'est la pérennisation au pouvoir, sans plus» entendons-nous dans chaque coin de rue.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com