Les médecins résidents viennent de passer à l'action radicale en s'abstenant d'observer les permanences de garde.Une telle action touche toutes les infrastructures sanitaires ainsi que les hôpitaux de la wilaya d'Oran. Elle a été décidée et mise en oeuvre, en solidarité avec leurs camarades suspendus après avoir boudé les examens de la phase terminale. C'est ce que l'on peut relever du document adopté et diffusé par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) appelant leurs compères à passer à l'action en n'assurant pas les gardes nocturnes de manière définitive. Les rédacteurs dudit document estiment que la suspension des médecins n'ayant pas subi les examens finaux est arbitraire, étant donné, ajoutent-ils, que «les médecins grévistes revendiquent leurs droits légitimes». Une telle action ne fera sans aucun doute ni le bonheur des malades ni encore moins celui de leurs familles, estimant que «l'absence des médecins durant les gardes de nuit est pénalisante». Le recours à un tel procédé dans le cadre de la revendication des médecins est, selon les spécialistes, une arme à double tranchant. D'une part, les malades sont, dans la majeure partie des cas, traités par les médecins résidents. D'autre part, l'administration se retrouve, de nouveau, mise au pied du mur en faisant face à des revendications qui continuent à faire boule de neige en s'accumulant de jour en jour, notamment dans le volet des incidences qui découlent de ce mouvement dont l'heureux épilogue n'est contre toute attente pas pour demain. Quelle est donc la voie salutaire à emprunter pour en finir avec un tel mouvement, tout en satisfaisant toutes les parties hétéroclites se livrant à un jeu sournois reposant essentiellement sur l'obstination, mettant de côté les principes d'un dialogue devant être mené à la base par des concessions et des compromis. Le compromis est loin d'être pris en compte. D'ailleurs, les médecins résidents, représentés par leur syndicat (Camra) ont été caustiques et stigmatisant en commentant la loi sur la santé débattue par les députés. Récalcitrants ont-ils été, en jugeant que «cette nouvelle loi ne s'attaque ni aux racines du mal ni contre les foyers du pourrissement caractérisant le secteur de la santé». La situation a donc atteint son stade de déliquescence. C'est du moins ce que l'on relève du document des médecins résidents d'Oran «convaincus» que leur mouvement s'inscrit dans la durée jusqu'à la satisfaction pleine et entière des revendications des médecins. Est-ce donc la radicalisation d'un tel mouvement prenant des virages plus ou moins dangereux' Rien n'indique le contraire si l'on prend en compte l'échec de la rencontre bilatérale ayant regroupé tout récemment les cadres du ministère de la Santé, dont le ministre et les représentants des médecins grévistes. D'ailleurs, une telle rencontre a, selon les grévistes, été infructueuse. «Elle n'a abouti à aucune nouveauté permettant la sortie du tunnel et la fin du bras de fer opposant les médecins au ministère de la Santé», a-t-on déploré. Face à cet échec des négociations, va-t-on donc hausser le ton en se préparant d'ores et déjà à d'autres actions à mener dans un proche avenir' Les médecins grévistes n'ont pas encore tranché cette question qui a été posée avec acuité hier à l'occasion de la réunion regroupant les grévistes à Mustapha-Pacha et au CHU Nefissa-Hamoud, ex-hôpital Parnet.
Une telle rencontre a été provoquée par le Camra.
Selon des sources proches de cette organisation représentant les médecins, le recours à d'autres actions n'est pas à écarter, dont la démission collective des médecins. Une telle problématique, non moins extrêmiste, marquerait, sans aucun doute, les débats du conclave des grévistes qui entament leur 6e mois dans leur mouvement sans aucune avancée notable ne soit constatée depuis son lancement au mois de novembre de l'année dernière.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com