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Les maux qui rongent le service public et minent l'autorité de l'Etat Lenteurs administratives, bureaucratie et corruption



Les maux qui rongent le service public et minent l'autorité de l'Etat Lenteurs administratives, bureaucratie et corruption
Le Premier ministre met le doigt sur la plaie. Lors de sa récente visite à Oran, Abdelmalek Sellal a clairement reconnu les travers et les
atermoiements de la machine administrative. «La bureaucratie décourage un grand nombre d'Algériens dans leur vie quotidienne. Que ce soit dans le domaine professionnel ou personnel, la gestion administrative est devenue un enfer pour un grand nombre de nos compatriotes. De telle sorte que certains investisseurs fuient l'Algérie, et les entrepreneurs algériens perdent du temps et de l'argent avant même de créer leur entreprise», a-t-il déclaré en substance. L'hôte de la capitale de l'Ouest s'est, ensuite, promis de sévir contre les bureaucrates véreux et les administrateurs incompétents. Un long et dur combat que les gouvernements successifs, depuis au moins 1999, avaient également promis de mener jusqu'au bout, mais sans y parvenir apparemment.
Ce constat unanimement partagé par les nationaux n'a pas échappé, non plus, aux étrangers. Un rapport du Forum économique mondial de Davos portant sur le climat des affaires, datant de septembre 2012, classe l'Algérie à la 110e position sur 144 pays concernés par l'étude. L'expertise, établie en coopération avec 150 partenaires internationaux, insiste sur cinq facteurs principaux qui entravent le développement socioéconomique en Algérie.
Mère de tous les maux, la bureaucratie vient en tête des préoccupations, suivie par la corruption, le manque d'infrastructures et la rareté de la main-d''uvre hautement qualifiée. Des pays voisins comme le Maroc et la Tunisie, qui n'ont pas les mêmes atouts, sont beaucoup mieux considérés dans ce volet. Les milieux populaires sont les principales victimes de cette gangrène. Les hommes d'affaires, les politiciens et les cadres supérieurs se débrouillent généralement pour se tirer d'affaire, quitte à en huiler un peu les rouages.
Le simple citoyen subit le dictat de l'administration dans la résignation comme s'il s'agit d'une calamité naturelle. Partout et tout le temps, la bureaucratie est toujours sur toutes les langues. Depuis des années, tous les Algériens en parlent, du matin au soir. Le vocable prend aujourd'hui toutes les nuances d'un gros mot.
Il suffit de le prononcer pour voir les gens sourire et parfois s'esclaffer.
On semble croire que ce phénomène est parfaitement intégré dans les m'urs et qu'il faut faire avec. Inutile de lutter contre le vent. Pour une candidature à un emploi, une demande logement, un dossier de crédit ou une autorisation quelconque, le requérant est souvent contraint de faire d'incessants allers- retours sans obtenir une réponse claire. Le calvaire de cette attente incertaine dure parfois des décennies. Et quand l'intéressé se montre impatient, il est complaisamment renvoyé d'un service à une autre sans savoir au juste à quel saint se confier. Le fonctionnement de l'administration algérienne appelle des réformes énergiques à travers une décentralisation audacieuse de la lutte contre cette calamité. Le gouvernement, à lui seul, ne peut gagner ce combat. La transparence totale dans la gestion des affaires publiques doit être au centre de cette lutte. Le respect du citoyen, l'application stricte des lois et la ponctualité dans le traitement des dossiers sont autant d'exigences fondamentales qui font aujourd'hui défaut. Toutes ces carences encouragent la corruption. Informer sur toute chose, communiquer sans cesse, associer les citoyens à toute prise de décision, voilà la démarche qu'il convient d'imposer à tout responsable public, élu ou commis de l'Etat. Faute de transparence, les Algériens ont comme l'impression que les fonctionnaires échappent à tout contrôle. Que cela soit dans l'administration publique ou au sein des entreprises et autres établissements étatiques, les usagers dénoncent souvent le mépris, la mollesse, le laxisme, voire même la corruption avérée, des responsables et des agents concernés. Les registres de doléances, comme le c'ur des citoyens, regorgent de toutes sortes de remarques et de frustrations de ce type. C'est à ce niveau précis que réside la crise de confiance qui sépare le citoyen de l'Etat et de la chose politique. C'est ici qu'il convient d'agir, en priorité et avec fermeté, pour que renaisse cette confiance perdue. Le mal est bien diagnostiqué, mais le suivi concret, il faut bien le dire, reste peu probable. En tout cas, nos compatriotes n'y croient pas trop.
K. A.
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