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Les mauvais calculs de l'Exécutif



Les mauvais calculs de l'Exécutif
Il est en train de payer les frais d'une politique volontariste sans véritable réflexion quant aux retombées sur la population.Sale temps pour le gouvernement. L'équipe Sellal traverse sans doute les pires moments de son exercice. Encombrée par les soucis, celle-ci ne sait plus où donner de la tête. La chute sans cesse des prix du pétrole, les manifestations sur le gaz de schiste à In Salah et le retour des confrontations à Ghardaïa sont autant d'événements qui compliquent la tâche de l'exécutif. Ce dernier est en train de payer les frais d'une politique volontariste sans véritable réflexion quant aux retombées sur la population. Les exemples se multiplient sans que ce dernier ne tire de leçons. C'est le cas justement pour l'exploitation du gaz de schiste. Sur ce plan, le gouvernement a sérieusement failli à son travail d'information.L'exploitation du gaz de schiste et les inquiétudes qui l'entourent demandaient des explications de la part des pouvoirs publics. Ce que ces derniers n'ont pas jugé utile de faire. Au lieu de sensibiliser les citoyens et ouvrir un débat national sur la question, le gouvernement a pris les choses à la légère, ignorant complètement les appréhensions des populations. Pire encore, ce dernier a précipité le pas en opérant le premier forage du gaz de schiste à In Salah, ce qui a été un élément détonateur de la colère d'une région connue pour son calme. Alors que plusieurs experts et même des partis politiques ont mis en garde contre les conséquences d'une telle démarche, le gouvernement a fait la sourde oreille. L'adage dit bien que «gouverner c'est prévoir», mais le gouvernement n'a pas eu ce réflexe et continue de naviguer à vue. Le déplacement du ministre de l'Energie et des Mines jeudi dernier dans la région n'a pas apaisé les esprits. Bien au contraire, la manifestation continue de prendre de l'ampleur en gagnant d'autres wilayas. Les habitants du Sud revendiquent un engagement de l'Etat signé noir sur blanc concernant l'arrêt des prospections sur le gaz de schiste. Pour eux, c'est la condition sine qua non pour apaiser la tension et mettre fin à la contestation. Devant cette menace, le gouvernement doit revoir sa politique et ses orientations et trouver une issue en urgence pour éviter le pire. Idem pour Ghardaïa. Le gouvernement a trop traîné le pas en préférant des solutions de bricolage au lieu de s'attaquer au problème de fond et rétablir la paix dans la région.Malgré les différents déplacements de Sellal dans la valée du M'zab, rien n'a été fait sur le terrain. Le gouvernement subit aujourd'hui les conséquences de sa politique. La chute sensible des prix du pétrole est un autre élément qui a démontré l'incapacité du gouvernement à trouver des solutions efficientes. Prise de court par cette baisse, l'équipe Sellal agit dans la précipitation. Preuve en est, il a fini par faire marche arrière sur la décision du gel des recrutements dans la Fonction publique. Annoncé comme l'une des mesures pour contrecarrer cette crise, le gouvernement a fini par céder sur ce point devant la montée du front social d'investir la rue. Ce qui illustre encore une fois que la maturité fait un grand défaut dans les décisions politiques. Jusqu'à présent, la politique tracée par le gouvernement pour contrecarrer le choc pétrolier reste floue. Ce qui est sûr, c'est que l'ère de dépenser sans compter est révolue. Le gouvernement n'a plus de marge de manoeuvre pour se permettre de continuer à acheter la paix sociale à coup de milliards. La poursuite de la dégringolade des prix du pétrole au-dessous de 50 dollars l'oblige à revoir ses calculs. Il doit réfléchir à réduire ses importations qui absorbent une grande partie des recettes des exportations sinon il risque d'épuiser ses fonds en moins de deux ans. Les experts en la matière sont unanimes à mettre l'accent sur la maîtrise des importations qui risquent de dépasser le seuil des 60 milliards de dollars et le développement d'autres alternatives telles que l'agriculture, l'industrie et le tourisme. En plus de ses ennuis, l'information sur le remaniement ministériel annoncé pour ces jours-ci augmente les angoisses du staff gouvernemental. Les ministres sont sérieusement déstabilisés. Qui sera partant et qui sera maintenu' s'interrogent les membres du gouvernement au lieu de s'impliquer dans la recherche des solutions efficaces et durables.


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