A travers l'ensemble des villages et villes de la wilaya, un nombre important de malades mentaux erre à travers les rues, certains affichent un caractère calme voire renfermé, ils préfèrent la vie en retrait du mouvement, on les trouve là, allongés sur les trottoirs dans des haillons qui ont perdu leur couleurs par la saleté, ces derniers se contentent d'un morceau de pain et d'une cigarette, ils n'osent pas demander aux gens de leur offrir un café ou de quoi manger.
D'autres préfèrent mendier à longueur de journée, ils font le tour des marchés et des magasins, ils se régalent gratuitement au niveau des gargotes. Certains parmi eux sont à la merci de personnes aptes, ils les obligent à mendier et le gain de la journée leur soit retirer le soir en échange d'un lieu où passer la nuit et un repas qui vient du reste des enfants. Par contre, il y a les malades agressifs, des psychopathes, on les trouve parfois à moitié nu sinon complètement nu sur le boulevard, à proximité des stations d'arrêts des bus ou des taxis, ils sont vulgaires, parfois ils s'attaquent aux femmes, aux filles et même aux hommes, ces paranoïaques ne sont approchés par personne, tout le monde les craint, quand ils manquent de la nourriture, et pour combler leur besoins, ils peuvent s'attaquer à quiconque sans crainte. Autrefois et à ce moment de l'année, ces malades sont ramassés par les D.A.S. pour les remettre aux hôpitaux psychiatriques, mais depuis belle lurette, ces malades vivent en S.D.F livrés à eux sans traitement, sans nourriture et sans abri, ils se déplacent d'un lieu à l'autre jusqu'à disparition. Si Ahmed un ancien infirmier en retraite disait à ce sujet « A notre époque, ces malades on les ramassait pour les loger à l'hospice (centre des personnes âgées) ils passent une ou deux journées puis ils sont transférés vers le centre psychiatrique de Sidi Chami (Oran) plusieurs d'entre ces malades ont été récupérés après quelques mois de traitement et d'entretien, ils sont revenus à la vie normale, ayant même fondé des foyers, aujourd'hui, ces malades errent à travers les villes en hiver comme en été à la recherche de nourriture, ils dorment sous les ponts, devant les marchés eux-mêmes en proie à des agressions de soulards ou de délinquants, ou atteint de maladies chroniques qui les clouent parfois pendant plusieurs mois sur un trottoir ou devant une porte jusqu'à ce que mort les emporte ». Que reste t il à l'être humain quand il perd son esprit, c'est le corps sans mémoire, ou l'âme qui vague à travers un monde de démons qui ne pardonne pas. Le malade mental peut se retrouver si l'environnement ne lui est pas hostile, si on ne se moque pas de lui au point de le rendre agressif, craintif. Il fait des êtres humains ses ennemis, il cherche à s'éloigner d'eux, à les fuir croyant qu'il trouvera la paix dans un monde de démons.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B Boufaden
Source : www.reflexiondz.net