Tout le monde
peut basculer un jour par-dessus la barrière mais aurions-nous la chance et la
possibilité de rencontrer ces fameux braves guerriers ?
Pendant une
journée de carême, durant le mois d'Août, de surcroît très chaude, rajouté à cela les affres de l'humidité constituée par les trois
barrages environnants. Je roulais dans ma voiture, et j'étais en train de faire
des courses, lorsque j'ai croisé notre chère bien aimé facteur bien qu'il soit
maigre il semblait avoir beaucoup de difficulté pour hisser sa sacoche et
terminer sa journée, je l'ai salué et me suis arrêté juste à son niveau pour
lui demander: " Où est ce que tu vas comme ça ? " il m'a répondu :
" juste à quelques encablures " le carême, la chaleur et la marche
ont fini pour le désorienter, alors, je lui ai fait signe de monter et j'ai
enchaîné en lui demandant de ses nouvelles, il ne m'avait rien dit, il a tout
simplement et silencieusement ouvert son grand sac, il avait sorti deux C.D, il
me les remis et il a enchaîné en me disant : espérons que la réponse à ta
question se trouve sur ces deux C.D !
D'habitude, notre
cher facteur n'était pas énigmatique ni même peu bavard, au contraire il était
très sympathique et très populaire, j'ai respecté son mutisme qui était dû à
cause du carême ou bien tout simplement dû à la fatigue. Une fois rentré chez
moi, et après avoir effectué un brin de toilette et accompli un bref repos, je
me suis rappelé notre ami le facteur, alors j'ai retiré les deux CD et je les
ai visionné, ce que j'avais vu m'avait totalement ébranlé et j'étais resté très
ému, alors j'ai fais venir ma petite famille et j'ai réinjecté le CD, ma petite
famille étonnée, je leur avait fait signe de suivre et voir le contenu de la
cassette.
Le gars qui
filmait la scène était dans une voiture et devant lui, il y'avait un bus de
couleur orange qui appartenait, à la
Mairie de notre ville, et qui était destiné pour faire le
transport des écoliers (les fameux bus de solidarité). Il y'avait des personnes
à l'intérieur de ce bus, mais, on n'arrivait pas à bien les voir, le bus se
dirigeait vers la sortie Nord Est de la ville et à partir de ce moment précis
que je commençais à mieux distinguer et à reconnaître facilement les contours
et le relief de la région.
Une fois arrivé
devant le pont de B'da (petite localité) du chef lieu de notre ville, je voyais
le bus longeait doucement le coté gauche de la berge de l'oued ensuite il s'est
arrêté devant une crique, j'ai vu sortir notre aimable facteur avec 3 ou 4
coiffeurs et quelques personnes volontaires que j'avais aussitôt reconnus, et
le reste une dizaine de personnes que j'avais du mal à les reconnaître à cause
de leur silhouette, de leur barbe, de leur cheveux trop long et qui portaient
des vêtements en haillon, ensuite tout s'était éclaircie devant moi car c'était
les malades mentaux de notre chère ville qui furent ramassés et ramenés à cet
endroit pour laver leurs corps, leur faire des coupe de cheveux et leur raser
leurs barbes. Un fois tout le monde à terre, le facteur et ses collègues se
sont mis aussitôt au travail, si comme leurs gestes, étaient familiers et
routiniers, ils se sont constitués en petits groupes de quatre pour un seul
malade mental, et la scène commençait à se dessiner et laisser entrevoir
clairement la suite des événements.
Ma famille et
moi, étions perplexe et en même temps admiratif devant cette vue et les images
qui déferlaient devant nous, certains malades n'avaient pas fait leurs
toilettes depuis peut être plus de vingt ans, ce tableau nous a vraiment
sidérés, étonnés et même émus et nous étions très heureux à l'idée de savoir et
comprendre qu'ils existent des personnes quelque part comme cela dans notre
pays. Ces braves personnes volontaires étaient très simples, jeunes et humbles
mais dotés d'une générosité grandiose voire incomparable et de surcroît durant
le mois sacré du ramadhan
Une fois, ces
malades lavés, parfumé avec un déodorant pour homme, et habillés avec des
habits (dont des personnes charitables ou bien achetés par les volontaires dans
les friperies) ils étaient différents de ce qu'ils étaient il y'a quelques
instants auparavant, ils sont devenus beaux, et, on dirait qu'ils n'étaient pas
malades, ils étaient silencieux pas bavards peut être ceci est dû à cause de ce
qu'ils leurs arrivent ?
Pendant la
baignade, ces malades ricanaient, ils gesticulaient et certains d'entre eux
disaient que l'eau de l'oued était un peu froide, les autres ont cru qu'ils
étaient à Hammam Righa et le reste ne cessait de
jouer avec l'eau, parmi ces malades, les plus connus sont Ami Ali cha et Miliani celui qui du matin
au soir s'adonnait avec cœur et ongles pour le nettoyage de notre ville des
détritus et autres. Mais à l'idée de les voir si bien " bichonnés "
grâce à des personnes volontaires on se poserait la question suivante : que les
personnes bienfaiteurs existent toujours, il ne suffit pas d'être riche pour
faire du bien, il existe bien des méthodes simples mais très significatives.
Nos amis malades, bien qu'ils soient mentaux ou autres, ils ont eux aussi le
droit de jouer, de rire, de décompresser, ils doivent aussi rêver comme nous et
déguster les joies et délices de cette vie.
N'est ce pas là
un défi ? un appel à notre conscience pour les
réveiller, il n'y a pas longtemps où nous étions presque tous sinon la majorité
comme ces valeureux braves guerriers, qu'est ce qui a pu nous rendre si froid
envers l'un ou l'autre, Tout le monde peut basculer un jour pardessus la
barrière mais aurions-nous la chance et la possibilité de rencontrer ces fameux
braves guerriers ?
Après avoir revu,
notre ami le facteur durant la soirée comme c'était convenu, je lui ai fait
part de mes véritables appréhensions et je l'ai félicité ainsi que ses amis et
je lui ai dis : quel est ton véritable message ? il m'avait répondu : qu'il
possède un programme d'aide et d'assistance non seulement envers les malades
mentaux mais aussi envers les nécessiteux et surtouts envers des personnes
possédants des séquelles provenant de situations diverses.
Donc, aidons ces
pauvres personnes, ouvrons leur nos cÅ“urs, n'est ce pas là un élan de
solidarité qui peut nous ramener tout ce qu'on avait perdu il y'a de cela
quelques années.
Notre aide bien
qu'elle soit minime, peut, en tous les cas, rendre joyeux et donner d'amour à
beaucoup de personnes qui se trouvent en difficultés.
Dès fois, Il
suffit d'un rien pour créer de la joie autour de soi !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Deghrar Djillali
Source : www.lequotidien-oran.com