
Quatorze ans après la colonisation de notre pays par l'armée française, ce militaire, qui, certainement, prend conscience de la bravoure et du courage des autochtones, ne trouve pas mieux que d'écrire ce livre pour voler au secours de ses supérieurs. Seulement, l'officier en question ignore totalement l'attachement indéfectible de ce peuple à sa culture et, surtout, à sa religion. Larbi El Hachemi, citant Yvonne de Turin, écrit dans la préface du livre que les conquérants ou les envahisseurs européens étaient ignorants de la société algérienne, de son histoire, de sa psychologie et l'enracinement de l'islam au Maghreb. M. El Hachemi souligne, dans le même contexte, qu'à l'instar de cet officier anonyme qui voulait christianiser l'Algérie, il faut que les jeunes générations, non francisées, puissent lire les mémoires du maréchal de Saint Arnaud pour comprendre que sur les plans moral, éthique et humain, l'Algérie pouvait se mesurer à ses envahisseurs. Le militaire français pense que la christianisation des populations autochtones sert les intérêts coloniaux, parce que, dit-il, à ce propos, la conséquence la plus certaine d'un changement de religion chez les indigènes serait la séparation complète et définitive des convertis des musulmans. Après l'échec des Français de soudoyer et d'acheter le silence des indigènes, l'officier propose de coloniser leur âme en les convertissant au christianisme. Cette politique de prosélytisme ne vise rien moins que la division du peuple algérien pour mieux l'asservir et l'exploiter. « Le lien de la religion qui les unit aujourd'hui, et qui peut, en un moment funeste pour notre domination, les soulever contre nous, serait ainsi rompu, et le nombre de nos ennemis diminué d'un chiffre d'autant plus fort que celui des convertis serait plus élevé », argue-t-il. La politique de l'évangélisation échoue en raison de l'attachement viscéral des Algériens à l'islam et aux valeurs qu'il véhicule. L'auteur du livre estime que les indigènes, une fois convertis, serviront d'auxiliaires à l'armée coloniale. D'où les différents moyens de les convertir, en particulier pendant la guerre de libération nationale. Comme moyens de conversion, le militaire français préconise la prédication. Une tâche qui doit, d'après lui, être confiée au clergé. Pour ce faire, il invite les prêtres à entrer en campagne, car eux aussi vont avoir à lutter de front avec l'islamisme. La prédication, aux yeux de ce militaire de carrière, fera naître chez les musulmans deux partis seulement : les fanatiques et les convertis. Pour soutenir sa thèse, il soutient que « l'hostilité des premiers ne serait pas à craindre et que l'amitié des seconds serait pour nous aussi précieuse qu'inaltérable ». L'éditeur de « De la conversion des musulmans au christianisme » estime que cet opuscule, publié quatorze ans après la colonisation de l'Algérie, se veut le témoignage d'un officier de l'armée d'Afrique. « Les colonisateurs français, déjà au dix-neuvième siècle, décrivent comment ils ont essayé à maintes reprises, et avec beaucoup de moyens, de christianiser les Algériens en leur proposant de l'argent, des postes de responsabilité et des biens fonciers. Cet officier semble avoir trouvé l'astuce, mais finalement son projet est en réalité une lubie, car ne connaissant rien à la culture et à la mentalité algériennes. Cet effort politique d'évangélisation va échouer en raison de l'attachement des Algériens à leur religion, dont les valeurs étaient déjà enracinées depuis treize siècles », écrit-il. La réédition de cet opuscule permet aux jeunes générations de prendre conscience des moyens fallacieux utilisés par la France coloniale pour coloniser l'Algérie avant de coloniser son pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel O
Source : www.horizons-dz.com