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« Les listes de classement des pays par les ONG sont douteuses »



« Les listes de classement des pays par les ONG sont douteuses »
C'est sur la base de ce constat introductif que Serraï Malek, expert et consultant international en économie, a entamé, au forum des médias organisé à l'annexe de l'ONCI de Chenoua, son analyse sur la réalité économique nationale à l'aune d'une conjoncture marquée par des exceptions tant endogènes, celles qui ont trait notamment à la future élection présidentielle, qu'exogènes, particulièrement la situation géopolitique dans les régions nord-africaine et euro-méditerranéenne. Selon lui, l'Algérie dispose de formidables moyens financiers, sans pour autant, du moins actuellement, consolider son économie réelle. « Si le secteur de l'agriculture enregistre annuellement une croissance à deux chiffres (12 à 14%), le secteur industriel connaît une phase critique », observe-t-il. Cette situation est appelée, selon lui, à évoluer en améliorant l'environnement national, notamment l'investissement et l'encadrement des compétences nationales. « Il est insensé de nier la volonté gouvernementale, à travers ses actions, de réduire la dépendance aux hydrocarbures et consolider l'économie réelle, dont l'un de ses moteurs principaux serait l'industrie. Cependant, pour qu'il y ait une coordination efficiente dans l'action gouvernementale, il faut une stratégie économique globale claire, chose qui peut se concrétiser en mettant en place un ministère du plan », préconise-t-il. Toutefois, il met en garde aussi contre la bureaucratie qui, selon lui, « tue toute volonté politique et initiative technique ». Sur le plan macroéconomique, M. Serraï se dit non inquiet, dans la mesure où l'Algérie, avec sa réserve de change et sa politique prudentielle en matière de gestion des finances, peut amortir le choc d'une crise économique mondiale. « La Banque centrale dispose de compétences et d'experts qui suivent l'évolution financière mondiale et met en place des plans pour y faire face en cas de nécessité », estime-t-il. Cela dit, il met en garde contre le financement des importations inutiles à notre économie, pire encore, des produits bas de gamme qui imposent une concurrence déloyale aux produits locaux. Réduire la facture des importations passe, selon lui, par l'encouragement de l'investissement que ce soit public ou privé. « Le gouvernement saisit parfaitement cet enjeu. Pour preuve, les décisions prises en faveur des investisseurs dans le Grand Sud, notamment à travers les avantages fiscaux et bancaires, commencent déjà à avoir de l'impact, particulièrement dans l'agriculture où des porteurs de projets ont souscrit à cette idée », donne-t-il en exemple. L'autre point abordé par le conférencier est le volume des dépenses publiques réservées aux transferts sociaux. « Réduire également le volume du budget relatif au chapitre des transferts sociaux qui correspond actuellement à une part non négligeable du PIB est une nécessité pour rationaliser les dépenses publiques. Ceci peut se faire en établissant, entre autres, un recensement précis sur la réelle composante de la catégorie nécessiteuse de la société », propose-t-il. Pour ce qui est de la masse salariale, ce dernier la juge excessive et que sous l'effet de l'inflation, les dernières augmentations, notamment des fonctionnaires, n'ont pas eu l'impact escompté. Commentant la dernière visite effectuée par le Premier ministre français en Algérie, il a mis en exergue l'évolution des relations économiques entre les deux pays qui se focalisent plus sur les échanges scientifiques et technologiques, ainsi que les investissements dans différents secteurs, alors qu'il fut un temps où les échanges commerciaux étaient privilégiés par la partie française. « C'est une évolution logique compte tenu du poids de l'Algérie économique ainsi que sa stabilité », résume-t-il. Par ailleurs, M. Serraï doute fortement des classements établis par les ONG concernant la situation réelle en Algérie. Pour lui, ces listes ne reflètent aucunement la réalité et elles sont conçues pour avantager certains pays par rapport à d'autres.


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