Oran - Revue de Presse

Les limites d'un front syndical autonome



La sympathie suscitée par les revendications qui sont à la basedes actions menées par les syndicats autonomes n'exclut pas que l'on soitcritique et réservé à l'endroit de ces derniers pour avoir opté d'aller enrangs dispersés à la protestation sociale. Ces mêmes syndicats avaient pourtantdonné l'impression d'avoir compris que l'union fait la force. Aussi, quand lesuns se sont fédérés dans une coordination et d'autres dans une intersyndicale,leur démarche nous a semblé annonciatrice d'une dynamique unitaire dans lecombat syndical. Surtout que les deux rassemblements se sont créés autour decahiers de doléances exprimant des points de vue identiques sur la situationsociale, ses causes, et contenant des revendications partagées. Il nous paraîtdès lors étrange que l'intersyndicale et la coordination aient décidé d'agirchacun de son côté pour mobiliser les salariés contre une politique syndicaleet des mesures sociales dont le refus fait largement consensus en leur sein.Le bilan mitigé des premières actions engagées dans cesens, respectivement par les syndicats autonomes affiliés à l'intersyndicale etceux à la coordination, aurait dû convaincre les uns et les autres à fédérerleur potentiel de mobilisation pour les actions à venir.Il n'en est rien, car les deux rassemblements syndicauxpersistent dans la voie du chacun pour soi. Normal par conséquent que ladémonstration de force que chacun veut administrer n'ait ni l'ampleur nil'impact recherché. Il ne peut en être autrement quand les bases de cessyndicats sont appelées à se mobiliser non pas solidairement et dans uneprotestation unitaire, mais de façon divisée. Le résultat en est que laprotesta des syndicats autonomes n'a pas l'efficacité qui pourrait être lasienne si elle se déroulait dans un cadre concerté et solidaire.Les pouvoirs publics ont dans ces conditions jeu aisé,statistiques à l'appui, de créditer l'échec des mouvements de grève déclenchésdans la désunion patente des syndicats autonomes. L'opinion publique ne peutqu'abonder dans leur sens au constat que la paralysie des secteurs affectés parles grèves, et qui constitue l'objectif tactique de leurs promoteurs, n'estnulle part effective comme ils le prétendent. Ces manifestations demécontentement en ordre dispersé vont finir par produire un effet négatif surcette opinion. Parce qu'elle va finir par croire que les salariés ne sont pasfinalement aussi remontés que le soutiennent les syndicats autonomes et seconvaincre que la multiplication de journées de protesta sans force réelle estune option suicidaire pour le mouvement syndical autonome.Les autorités ne se font pas faute d'exploiter l'incapacitéde ces syndicats à s'entendre sur des actions communes, en la présentant commerésultante de divergences non pas à caractère syndical, mais partisan. Qu'end'autres termes, les syndicats ne seraient que les prolongations dans le mondedu travail, d'appareils partisans agissant à travers eux à faire avancer leursintérêts particuliers, politiques d'abord et avant tout.
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