Oran - A la une

Les liens sociaux se fragilisent



Réalité - La société algérienne est secouée, ces dernières années, par un excès d'individualisme et chacun est «plongé» dans ses propres soucis et préoccupations quotidiennes.
Les liens sociaux sont devenus si fragiles que certains citoyens ne savent, à titre d'exemple, même pas combien d'enfants a un cousin, ils ne savent pas qu'un proche s'est marié ou a subi une intervention chirurgicale ! Les familles sont aujourd'hui dispersées et ne vivent plus dans la même localité. Les parents mènent une vie de solitaire, alors que les enfants travaillent et habitent loin. Et même les frères se rencontrent rarement. «La maison est devenue froide et elle me fait peur. Je ne vis plus qu'avec mon épouse et l'ennui nous tue au quotidien.
Mes trois enfants habitent très loin : un à Oran, un à Ouargla et l'autre à Sétif. Ils viennent rarement nous rendre visite, une fois par an. La famille ne s'est pas réunie depuis plus de quatre ans'», regrette Aâmi Saïd qui habite à Draâ El-Mizan, dans la wilaya de Tizi Ouzou. «Je ne trouve que les larmes pour me soulager. Croyez-moi quand je vous dis que lorsque les enfants ne viennent pas le jour de l'Aïd, mon épouse et moi pleurons toute la journée. C'est comme si nous étions orphelins», poursuit notre interlocuteur, étouffé par les larmes. Les petites localités se sont vidées de leurs habitants, notamment les jeunes, car elles n'offrent pas d'opportunités de travail et des conditions de vie décente.
Mais l'inconscience de la plupart quant à la nécessité de garder un contact permanent avec la famille et les proches, a accentué le «fléau» d'individualisme. «Il est vrai que la vie devient de plus en plus difficile et chère, mais cela n'explique pas l'attitude de certains de se déraciner entièrement sous prétexte de manque de temps.
C'est faux, c'est plutôt l'inconscience et l'égoïsme qui les poussent à couper les liens familiaux. Entretenir ces liens par une visite une fois par mois ou tous les deux mois ne coûte rien, mais dommage notre société tend à devenir comme les sociétés occidentales», déplore Aâmi Mohamed, septuagénaire, habitant dans un petit village en Kabylie.
Les personnes âgées sont affligées et tourmentées par la longue absence de leurs enfants et petits-enfants. Elles se sentent abandonnées et délaissées par leur progéniture et aucune excuse ne peut alléger leur douleur. Quant aux frères et s'urs, ils se voient rarement. Et même dans le besoin, on préfère solliciter l'aide d'un ami ou un voisin. «Loin des yeux, loin du c'ur», dit le proverbe, ce qui est, malheureusement, une réalité au sein d'une société fondée sur l'entraide, la générosité et la solidarité. Les liens sociaux ont subi un sévère «coup de froid» et l'égoïsme a pris des ailes au point qu'on ne cherche presque plus à avoir les nouvelles des siens. «Sahbek houa djibek» (ton ami est ta poche), dit un adage populaire, devenu très répandu dans notre société, ce qui reflète une réalité amère. Et ce n'est que le début.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)