
Pour faire payer à la Turquie son soutien au Qatar, Riyad et ses alliés du Golfe ne s'opposeraient plus à la création d'un Etat kurde dans la région, d'autant plus que Washington use de cette carte depuis l'arrivée de Trump à la Maison-Blanche. En effet, l'aide des Américains, notamment militaire, aux forces kurdes engagées dans la bataille contre l'organisation terroriste autoproclamée Etat islamique, n'est plus un secret de Polichinelle, mais plus directe, au grand dam d'Ankara. Ignorant les protestations turques, les Etats-Unis jouent à fond cette carte kurde. S'engouffrant dans cette brèche, l'Arabie Saoudite et ses alliés, qui n'ont pas apprécié que Recep Tayyip Erdogan se range du côté de l'Iran dans la crise les opposant à Doha, sont favorables à l'idée de permettre aux Kurdes d'avoir leur Etat. Dans des déclarations au média "arabi21", l'activiste kurde Mustapha Akou, qui milite pour cette cause, la nouvelle administration américaine recourt à ce procédé pour obliger la Turquie à changer de politique vis-à-vis de la situation en Syrie et en Irak, laquelle n'est guère en adéquation avec la sienne dans la région. Selon lui, c'est un atout entre les mains de Riyad, Abou Dhabi et Manama, visiblement désireux de se venger d'Ankara, qui contrarie leurs plans dans cette crise diplomatique avec leur voisin qatari. Bien qu'ils n'évoquent pas ouvertement cette option d'Etat kurde, ces trois pays ne reculeraient pas devant l'idée de sanctionner la Turquie, avec laquelle ils entretenaient d'excellentes relations jusqu'à l'éclatement de cette crise. Mustapha Akou s'est toutefois gardé de verser dans un optimisme béat, car estimant que ce n'est qu'une conjoncture particulière, et l'objectif de Riyad et ses alliés est de faire plier Ankara. D'autres militants pour un Etat kurde ont multiplié les actions sur la base d'un "tweet" d'un journaliste saoudien faisant état de l'existence d'une campagne en Arabie Saoudite de soutien à cette initiative. Ce dernier aurait écrit : "Il est de notre devoir, en tant que peuples arabes et musulmans d'aider les descendants de Salah Eddine à concrétiser leur rêve d'Etat indépendant". Il y a lieu de signaler, par ailleurs, les sollicitations de plus en plus nombreuses de personnalités kurdes indépendantistes par les médias saoudiens. Selon le site "arabi21", citant un expert, les autorités qataries auraient fourni à leurs homologues turques des documents attestant du soutien de l'Arabie Saoudite et ses alliés au parti séparatiste kurde PKK et au parti de même nature le PYD. Reste à savoir maintenant s'il ne s'agit que d'un épouvantail agité par Riyad et ses alliés pour faire reculer Ankara dans son engagement avec le Qatar, ou d'une volonté réelle de soutenir les Kurdes. Ceci étant, la Turquie a averti que l'intention du Kurdistan irakien d'organiser un référendum sur son indépendance serait "une grande erreur", alors que l'Iran n'a pas caché son opposition à ces initiatives indépendantistes kurdes.Merzak Tigrine
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merzak Tigrine
Source : www.liberte-algerie.com