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Les incohérences des politiques économiques mises en évidence Intermédiation bancaire, excès de liquidité, politiques agricoles, climat des affaires



Les incohérences des politiques économiques mises en évidence                                    Intermédiation bancaire, excès de liquidité, politiques agricoles, climat des affaires
Photo : S. Zoheir
Par Youcef Salami
Débats fort intéressants hier autour des politiques économiques adoptées et suivies par l'Algérie post-indépendante. C'était à l'occasion d'un symposium organisé par le Forum des chefs d'entreprises (FCE). Tour à tour, les animateurs de ce débat ont fortement critiqué ces politiques économiques qui ont conduit à des impasses, à une situation de blocage où les opérateurs économiques n'ont pas envie d'investir, parce que le climat des affaires n'y est pas favorable, ainsi que le souligne Rachid Sekak, expert financier, pour qui, c'est toujours l'argent du pétrole, le Trésor public, ou le capital public qui est mis en avant dans le processus d'investissement, alors que l'intermédiation bancaire, un élément essentiel dans la collecte de l'épargne, ne remplit pas le rôle qui lui échoit. Rachid Sekak estime que l'on ne peut pas mettre en veilleuse, ou ignorer, l'intermédiation bancaire, qu'il faudrait qu'il y ait synergie entre banques publiques et banques privées. Cet expert revient également sur cette aisance financière dont jouit l'Algérie mais qui ne sert pas réellement le pays. Explication : Rachid Sekak note ainsi qu'il y a un excès de liquidités, seulement ces liquidités ne génèrent pas de la croissance et du coup ne contribuent pas au développement de l'économie nationale. A la lumière de cette analyse, Sekak recommande de renforcer toutes formes d'épargne et stimuler l'envie d'investir. Autre aspect bloquant : la centralisation de la prise de décision en matière économique, un élément d'analyse dont a fait état le professeur Boukella. Celui-ci a parlé aussi d'étatisme et d'autoritarisme dans le domaine agricole, relevant que les politiques agricoles élaborées par les différentes tutelles, en ignorant les préoccupations des principaux acteurs, c'est-à-dire les agriculteurs, ont abouti aux résultats qu'on connait aujourd'hui, à l'impasse. Or, ajoute-t-il, ces mêmes agriculteurs à qui on impose de telles politiques sont en mesure d'établir des plans de développement rationnels et sont capables de défendre leurs intérêts. Ces critiques, le secrétaire général du ministère de l'Agriculture et du Développement rural, ne les a pas appréciées, précisant qu'il y a erreur d'appréciation de la part de Boukella et qu'il n'y a pas d'autoritarisme dans la politique agricole. Ferroukhi affirme qu'il y a des efforts qui ont été consentis dans ce secteur et qu'il y a des filières qui se portent bien et qu'elles sont très dynamiques. Isaad Rebrab, présent à la rencontre d'hier, estime, lui, qu'il est aberrant qu'une entreprise qui veut créer de l'emploi, monter des projets soit astreinte à de multiples autorisations . De même qu'il est anormal, que l'on exige d'une entreprise de s'associer à une autre entreprise à hauteur de 51%, note le patron de Cevital. Quant à Omar Ramdane, président d'honneur du FCE, il avance que si, d'ici dix à quinze ans, on n'arrivait pas à mettre en place une politique économique moins dépendante des hydrocarbures, la situation risquerait de s'accentuer. Et, elle le serait davantage, si les cours du pétrole, baissaient en dessous des cent dollars le baril. Le symposium dont il est question se poursuivra aujourd'hui. Il est attendu qu'il soit sanctionné par l'adoption d'une cinquantaine de propositions formulées par le FCE. Des propositions pouvant enrichir le débat sur une réelle stratégie de substitution aux hydrocarbures, et aux politiques suivies jusqu'ici.
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