«Ils (les spéculateurs, ndlr) sont maudits par Dieu, ses anges et son humanité entière.» Tel est le hadith de notre prophète (qlssl) repris par le mufti moral des Ouled Naïl, l'érudit cheikh Salet Jabri, lors de l'entretien qu'il a accordé à la Nouvelle République.
Cette sortie des imams est de leur propre initiative. Les prêches ou dourouss n'ont pas été donnés lors du dhor mais durant le maghreb, un moment de grande affluence. Ce n'est pas dans toutes les mosquées des villes et villages que cela s'est passé. Parfois, il y a eu de la récupération parce que les citoyens se sont abstenus d'acheter la pomme de terre et leur geste a eu un écho : cela a «libéré» les imams. Par contre, ceux qui ne sont pas salariés (les imams de petites mosquées) ont porté l'estocade aux spéculateurs après avoir appris que cheikh Salet a accordé une interview à la radio. Il est vrai qu'aujourd'hui la pomme de terre est cédée à moins de 70 DA et parfois par les fourgonnettes engagées par Proda à 50 DA dans les quartiers des grandes villes. Mais l'acte d'appliquer unilatéralement un prix exorbitant passant de 40 à 100 DA au même moment sur tout le territoire national, cela donne à réfléchir comme cela a été le cas durant les importantes chutes de neige ou tous les spéculateurs revendaient la bouteille de gaz butane à 1 000, voire 1 500 DA, alors que son prix fixé par l'Etat est de 230 DA. Au lieu de dénoncer les spéculateurs, certains médias ont fait porter la responsabilité à l'Etat. Tout comme est le cas actuellement dans la spéculation sur la pomme de terre. Cela a commencé avec la publication chez un confrère à gros tirage sur les pseudo-pertes de récoltes de pomme de terre et de la nécessaire décision d'autoriser son importation. Cette démarche mal intentionnée a été très vite démantelée. Il fallait s'y attendre et cela n'a pas trop duré. Le même jour à la même heure sur tout le territoire la patate saute la barre des 99 DA et s'impose à 100 DA. La première question que l'on se pose est : les spéculateurs ont-ils une organisation ou bien sont-ils organisés ' Cela a tout l'air au vu de la «dextérité» dans l'action qu'ils viennent de mener. Une telle décision, si elle était prise par le ministère de l'Agriculture, aurait mis plus de deux mois pour soi-disant être comprise et deux autres mois pour voir son application se dessiner. Donc ceux qui veulent du mal en volant sont mieux organisés que ceux qui doivent faire du bien et pour lequel ils sont rémunérés. Mais le comble de l'ironie, vendredi dernier au JT de la midi, un importateur spéculateur à qui la TV publique algérienne, qui doit défendre les citoyens, lui a offert le micro pour calomnier les agrumiculteurs algériens leur faisant porter une certaine responsabilité sur les prix en disant qu'ils ont laissé les oranges sur les arbres pour augmenter le prix alors que lui vend des mandarines douteuses à plus de 200 DA. Ces derniers temps, certaines tribunes se sont prêtées volontairement aux tractations et manipulations de certaines «mafiosos» qui vivent grâce à la spéculation et qui gèrent les maux de la population pour en tirer profit. Le bouchon n'a pas été poussé plus loin sinon le même intervenant nous dira que c'est la faute au bon Dieu ou à la nature qui nous a fourni plus de pluie que d'habitude. Sur ses étals dans son carreau au marché de gros, l'image nous montre des mandarines «de Méditerranée» importées avec les deniers publics qui ont enrichi les agriculteurs de ces pays fournisseurs en appauvrissant et décourageant les nôtres. L'autre bât qui blesse est cet amalgame qui est entretenu contre le secteur public par le secteur public. Actuellement, le ministère de l'Agriculture accompagne les agriculteurs afin de mieux produire et leur production est là en quantités importantes même en hors saison. Par contre, le ministère du Commerce qui doit réguler les marchés n'est nullement porté comme responsable. Encore mieux, les spéculateurs ne paient ni impôts ni autres charges pour les caisses de la collectivité et ne sont nullement inquiétés par les contrôles routiers. Parfois, ils ne disposent ni de registre de commerce ni d'autre document que ceux des véhicules qui transportent de la marchandise et un carnet d'adresses roses, vertes et bleues. L'inconscience de ces derniers risque de remettre en cause la souveraineté de l'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djilali Harfouche
Source : www.lnr-dz.com