Nous profitons de l'occasion pour vider nos sacs », ironise une gréviste parmi un groupe d'hospitalo-universitaires devant la direction du CHUO. Ils sont venus nombreux en ce troisième jour de grève. La mobilisation est maximale et les discussions tournent autour de la revendication salariale, mais aussi des conditions de travail et des aléas de la vie professionnelle.
OranDe notre bureau « Avec la dégradation du pouvoir d'achat, la retraite ne pourra même pas me faire vivre », anticipe une contestataire qui explique que l'indemnité perçue pour le travail effectué à l'hôpital est insignifiante. Ce sont surtout les conditions de travail qui ont été développées en marge de l'assemblée générale, où la question salariale et les modalités de la protestation ont pris le dessus. « Quel avenir pour la santé lorsqu'on demande au malade de l'hôpital d'acheter lui-même son matelas ou ses médicaments ' », déplore une intervenante, qui atteste par ailleurs qu'il arrive souvent au personnel médical de mettre la main à la poche pour collecter la somme d'argent nécessaire à une IRM qu'un malade nécessiteux doit effectuer.« 500 DA ce n'est rien, mais quand cela devient fréquent, cela fait un trou dans le budget », nous dit-on. Ceci pour mettre en avant les sacrifices consentis autant dans le domaine des soins que dans ceux de l'enseignement ou de la formation par les plus consciencieux. « Nous pouvons tous aller chez le privé ou même à l'étranger mais, du moins pour certains, transmettre le savoir aux jeunes générations prime sur les avantages », relève une autre hospitalo-universitaire, qui indique également que même les frais de mission en cas de déplacement ne sont perçus qu'ultérieurement et que le bénéficiaire doit d'abord débourser la somme nécessaire.« Ce sont presque toujours les mêmes qui partent à l'étranger », se plaint-on également en évoquant des expériences personnelles. Elle cite un exemple : « Parce que ma communication a été retenue pour un congrès qui s'est déroulé récemment en France, j'ai dû débourser, faute de mieux (la somme ne sera pas remboursée) 150 000 DA pour couvrir les frais d'inscription (350 euros), le voyage, l'hébergement et le transport pendant mon séjour. Mais je devais le faire car c'est important pour moi pour affiner mon expérience et pouvoir échanger mes connaissances. » « Normalement les personnes qui n'exercent pas dans le privé perçoivent une prime de l'hôpital, mais la situation est tellement difficile que beaucoup de gens ne déclarent pas lorsqu'ils exercent ailleurs qu'à l'hôpital », indique-t-on également.Le cas de l'établissement hospitalo-universitaire (EHU) a été évoqué pour savoir pourquoi les services prévus au profit du personnel qui exerce déjà ne fonctionnent pas encore. « Dernièrement, une collègue qui devait sortir pour s'acheter un sandwich a été agressée », raconte-t-on à ce sujet. Et de s'interroger sur le retard pris dans ce domaine alors que cet hôpital, une expérience pilote, doit donner l'exemple.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com