Dans sa traversée
tumultueuse du désert à mille et un mirages, quoique accidenté par quelques
oasis qui peinent à embellir le paysage, le commun des trépassés, en évoquant son
passé, s'entête à s'illusionner dans son monde passif, par une action conjuguée
fatalement au futur de l'infirmatif, qu'à partir d'un demain sans soleil, il
forcera ses mains à sonner l'éveil…
Loin des
étincelants projecteurs qui scintillent au gré des flashs favorables aux salons
et coulisses d'un centre éphémère, quelques rares âmes pieuses, s'abreuvant de
source vertueuse, s'ingénient inlassablement, sous une sueur à la senteur de
l'ambre, dans les bas fonds caractérisant leur périphérie reléguée à l'ombre,
contre vents amnésiques et marées ingrates, à dépoussiérer - voilà bien un
verbe qu'ils aiment tant ! - un tant soit peu les étalages de l'action
associative, sans attendre passivement voire inutilement un sésame de langue de
bois sortant comme par enchantement des assises d'une quelconque société civile
aux abois !
A Saida, et à
l'instar d'autres fruits de découpage administratif, l'action associative avait
enregistré des noms de bon renom. Fonctionnaire en retraite, d'une ex SONIC au
sein de laquelle il ne cessa de militer imprégné d'un syndicalisme caractérisé
par un total désintéressement, il n'eut que son unique salaire et un modeste
appartement où il éleva ses enfants « métamorphosés » en honorables jeunes gens
diplômés, souriants et particulièrement éduqués.
Joignant l'acte à
la parole, et voulant faire profiter sa ville, qu'il chérissait au point de
délaisser sa santé qui nécessitait précaution et préoccupation, de tout son
savoir et savoir-faire - en mettant tout aussi la main dans une poche mangée
par une pension indigne d'un cadre ayant tout donné à l'industrie algérienne -,
il faisait le porte-à-porte en quête d'une information permettant de reformuler
le puzzle historique d'une mémoire émiettée ou arpentait les boulevards, sans
faire attention aux ironiques regards, pour collecter quelques dons nécessaires
à un «Prix d'excellence» ou à un «Cours des soutien»…
Arrêt sur image !
Ce vendredi 17 Juin, sans se soucier d'un malaise qui rongeait son cœur meurtri
par un Oued noirci et un Ouakrif maladroitement
farci, il préparait avec ses amis, une action associative qui récompensera,
dans sa cinquième édition annuelle, les lauréats des trois paliers de
l'éducation. Une façon d'encourager la jeune génération, dans un esprit
d'émulation, à la persévérance dans sa conquête du savoir. Il prendra avec lui
les informations sur clé USB pour finaliser le travail chez lui, sans se douter
que la faucheuse le guettait, au sein de sa famille, dans son propre lit où il
allait s'allonger dans une quête d'un repos du guerrier…
Si M'hamed Merabti n'aura hélas pas le
temps de peaufiner cette ultime action, qui lui tenait tant à cÅ“ur. Un cÅ“ur
qui, pourtant, devait être consulté par un fatal ECG auquel il n'avait pas le
temps…. ! Il s'éteindra suite à un tragique et impitoyable foudroyant arrêt
cardiaque, quelques heures seulement à l'issue d'une ultime réunion
associative… Adieu SI M'hamed MERABTI, si Saida te
comptera désormais dans son Panthéon, le Quotidien d'Oran perd en toi un fidèle
lecteur.
« Il est parmi
les croyants des hommes qui ont tenu loyalement leur engagement vis-à-vis de
Dieu. Certains d'entre eux ont déjà accompli leur destin, d'autres attendent
leur tour. Mais ils n'ont jamais rien changé à leur comportement »(1)
1- Coran, S
XXXIII, V 23
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Posté par : sofiane
Ecrit par : BKhelfaoui
Source : www.lequotidien-oran.com