Ils ont fait leur apparition le 3e vendredi des marches. Les brassards verts et les gilets orange viennent en aide, sans distinction, tout autant aux manifestants qu'aux policiers. Ces secouristes bénévoles sont nombreux à arpenter les rues et ruelles d'Alger les jours des marches : la grande marche du vendredi, celle des étudiants les mardis ou encore des syndicalistes.On les reconnaît à leurs brassards verts ou aux gilets orange qu'ils portent. Mais ce sont les brassards verts qui ont été les premiers à occuper le terrain. L'origine du groupe revient à Badra Hafiane, journaliste à l'APS, qui a décidé de prendre les choses en main dès le départ.
"Au début, ma démarche avec un groupe d'amis dont des artistes était beaucoup plus à but écologique : maintenir la propreté des espaces publics pendant et après les marches", raconte-t-elle. "Mais après avoir assisté à des scènes plutôt violentes, qui ont opposé manifestants et policiers au Télemly, j'ai vite compris que certains d'entre nous ont un devoir plus important que celui de manifester, à savoir porter secours à ceux qui en ont besoin." L'idée a vite fait son chemin. C'est ainsi que j'ai décidé de charger certains bénévoles de secourir les manifestants. "Les premiers vendredis, à la fin de chaque manifestation, j'ai vu certains manifestants se faire matraquer par des policiers et d'autres qui avaient des difficultés à respirer à cause des gaz lacrymogènes. Cette violence m'a choquée. Face à cela, je ne pouvais pas rester indifférente", témoigne Melissa, qui a tenu à agir tout autant que Chakib, Ouafik, Karim, Narimane.
Ils sont biologistes, techniciens, ingénieurs, informaticiens, étudiants principalement, mais aussi des salariés, dont des médecins urgentistes. "L'organisation se peaufine de semaine en semaine. Nous disposons de l'équipe de réapprovisionnement qui circule avec des sacs à dos prêts à alimenter d'autres équipes, telles celles des soins ou de choc dont je fais partie qui porte les outils de protection nécessaires en cas d'intervention musclée", nous explique Chakib, aux commandes au QG, qui s'apprêtait à rejoindre ses camarades sur le terrain. Nous retrouvons certains d'entre eux en haut du boulevard Mohammed-V.
"Depuis la fermeture du Tunnel, les choses vont beaucoup mieux, mais cela ne signifie pas pour autant que nos vendredis sont de tout repos. Nous avons eu à intervenir lors des heurts en fin de journée au Télemly ou encore en ce fameux 8e vendredi. Mais depuis, les choses se sont améliorées", explique Chakib, qui poursuit : "Pour le moment nous intervenons pour des blessures suite à des agressions, des accidents, des insolations, parfois des malaises, des crises d'asthme, mais souvent pour des crises d'épilepsie ou des crises d'angoisse, y compris auprès des policiers, raison pour laquelle nous sommes rejoints depuis trois semaines par des psychologues." Une expérience humaine sans pareille que ces jeunes secouristes espèrent être "le prélude de cette Algérie nouvelle sous la deuxième République".
Nabila SaIdoun
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nabila Saidoun
Source : www.liberte-algerie.com