Cheikh Mohamed Badr Ad-Dîn Al-Hasanî (1850-1935)
Le Cheikh du Hadith en Syrie
Naissance et Famille
Cheikh Mohamed Badr Ad-Dîn Al-Hasanî naquit à Damas en 1850 E.C. Sa mère, Aïcha était issue de la famille Al-Kuzbarî qui comptait les plus grands experts de la science du Hadith damascènes de l’époque. Son père, Cheikh Youssouf Al-Hasanî, d’une famille de chérifs originaires du Maroc, étudia les sciences islamiques à Al-Azhar auprès de savants de renom comme Cheikh Hasan Al-Attâr, le juriste malékite et soufi khalwati Cheikh Ahmed As-Sâwî, les juristes malékites Cheikh Fath Allah Al-Mâlikî et Cheikh Al-Amîr As-Saghîr, et le juriste chaféite Cheikh Mohamed Al-Fadâlî. Il s’initia par ailleurs auprès de savants mecquois et médinois, puis s’installa à Damas où il enseigna diverses branches des sciences islamiques.Cheikh Youssouf Al-Hasanî eut deux fils: l’aîné, Cheikh Mohamed Badr Ad-Dîn à qui nous consacrons cette biographie et Cheikh Ahmed Bahâ’ Ad-Dîn qui fut un Cheikh de la voie Khâlidiyyah, une branche de la confrérie soufie Naqshabandiyyah en Syrie.
Apprentissage et Enseignement
Son père se chargea de son éducation et lui enseigna l’écriture et des éléments d’arithmétique. Il acheva la mémorisation du Coran à l’âge de sept ans et poursuivit son initiation aux sciences religieuses sous le patronage de son père. Lorsque ce dernier décéda en 1862 E.C., le jeune Mohamed Badr Ad-Dîn fut encadré par sa mère et son oncle maternel Cheikh Sâlih Al-Kuzbarî. Tous deux l’encouragèrent à poursuivre ses études et à acquérir le savoir religieux. Il s’enferma dans l’étude de son père à la prestigieuse École Ashrafiyyah et y mémorisa près de vingt mille vers constituant un précis des sciences islamiques. Il étudia ensuite leur commentaire auprès de Cheikh Abou Al-Khayr Al-Khatîb qui valida son parcours par la délivrance d’une habilitation (ijâzah).
Dans son adolescence, il choisit l’isolement et la retraite spirituelle. Il partagea son temps entre la prière, la fine fleur des œuvres de dévotion, et la mémorisation des hadiths compilés dans les sommes les plus authentiques comme les deux Sahîh d’Al-Bukhârî et de Muslim. Aidé par sa mémoire exceptionnelle, le jeune Cheikh veilla à mémoriser les hadiths, accompagnés de leurs chaînes de narration complètes. Selon son disciple, Cheikh Mahmoûd Baayûn Ar-Rankûsî, il aurait également mémorisé les six recueils de Hadith des Imams Mâlik, Ahmed, At-Tirmidhî, Abou Dawûd, An-Nasâ’î et Ibn Mâjah, avec une parfaite connaissance des biographies des narrateurs mentionnés dans les chaînes de transmission et le degré d’authenticité des propos rapportés.
Sa mémoire hors du commun, sa formation auprès de savants spécialisés, son ascétisme et sa conduite irréprochable le qualifièrent pour enseigner à la Mosquée Omeyyade dès son adolescence.
Il y tint ainsi un cours entre la prière du vendredi et la prière des vêpres (Al-‘Asr) et y enseigna la grammaire, la rhétorique, la logique, la jurisprudence et l’exégèse.
Mais la popularité de son cercle d’enseignement provoqua quelque désagrément à certains Cheikhs de la Mosquée Omeyyade et le jeune homme choisit, par courtoisie, de se retirer de la sphère publique. Il regagna alors sa retraite et ses études solitaires dans son étude à l’École Ashrafiyyah.
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A suivre...
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com