L’Imam Chah Waliyoullâh Ad-Dahlawî
Enseignement
Après le décès de son père en 1719 E.C., fort de son excellence en sciences islamiques, Chah Waliyoullâh commença à enseigner malgré son jeune âge. Il enseigna pendant douze ans la jurisprudence et le Hadîth, puis fut pris d’une langueur fervante pour l’accomplissement du pèlerinage et la visite des terres saintes. Il partie pour le pèlerinage en compagnie de son oncle maternel, Cheikh Oubaydoullâh Al-Bâhoûrî, son cousin Mohamed Âchiq et d’autres compagnons de route. Une fois le pèlerinage terminé, il séjourna deux ans dans la ville bénie du Prophète — Médine — et à la Mecque Honorée, et rencontra les savants de ces deux villes.Il étudia auprès de l’érudit, Cheikh Abou Tâhir Mohamed Ibn Ibrâhîm Al-Kurdî Al-Madanî divers ouvrages de grande importance dont : le Sahîh d’Al-Boukhârî entièrement et une partie du Sahîh de Muslim, Al-Jâmi‘ d’At-Tirmidhî, les Sunan de Abou Dawûd, les Sunan d’Ibn Mâjah, le Muwatta’ de l’Imâm Mâlik et le Musnad de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal. Il écouta de lui un exposé du Musnad du Hâfidh Ad-Dârimî, en dix séances qui se tinrent dans le mihrâb Othmânî, près de la tombe bénie du noble Messager de Dieu. Cheikh Abou Tâhir lui donna une habilitation à l’enseignement de la science qu’il a acquise auprès de lui.
À la Mecque, il étudia le Mouwatta’ de l’Imâm Mâlik auprès de Cheikh Wafd Allâh Al-Mâlikî Al-Makkî.
Il assista également aux cours de Cheikh Tâjuddîn Al-Qal‘î Al-Makkî qui l’habilita à l’enseignement de ce qu’il a appris dans ses cercles de science.
De retour en Inde en 1732 E.C., il poursuivit ses efforts d’enseignement, d’abord dans sa maison où il recevait ses étudiants, puis lorsque son cercle de science s’étendit au point que sa maison ne pouvait l’accueillir, le Sultan Mohamed Chah ordonna qu’on lui construise une grande école qu’il inaugura personnellement. Cette école fut connue sous le nom de « Dâr Al-`Ulûm ».
Elle forma de nombreux savants imprégnés de la science de l’Imam Chah Waliyoullâh , référence incontournable des savants Indiens.
Ses efforts dans la réforme Chah Waliyoullâh voyait son pays décliner, avec à sa tête des gouverneurs de plus en plus faibles.
Les Anglais s’étaient emparés du pays.
Les innovations, les mythes et les inanités avaient envahi les esprits. Voyant les choses aller de mal en pis, Chah Waliyoullâh ne fuit pas la vérité amère, il ne se contenta pas d’enseigner les sciences islamiques en fermant les yeux devant les maladies qui minaient sa société. Au contraire, il se dressa pour dire un mot de vérité, pour conseiller les gouverneurs et diriger les gens vers la voie de la réforme et le chemin du salut.
Il appela au Tasawwouf dans son sens véridique, basé sur le cheminement sincère vers Dieu et l’application des enseignements du Coran et de la Sounnah. Il purifia l’arbre du Tasawwouf des parasites que constituaient les transgressions de ses faux prétendants et les éléments de philosophie puisés dans des sphères étrangères à la religion. Il appela également à l’ouverture de la porte de l’Ijtihâd en matière de jurisprudence et exposa, avec une science abondante, des sagesses et des vérités de la Noble Législation.Les efforts d’enseignement et de réforme de l’Imam Chah Waliyoullâh portèrent leurs fruits et influencèrent grandement ses élèves, notamment son fils Chah Abdelaziz qui, comme son père, excella en Hadîth et en Fiqh. Après la mort de Chah Waliyoullâh , Chah Abdelaziz porta l’étendard de la réforme de son père et s’opposa aux Anglais en disant sa phrase devenue célèbre : « On ne peut concevoir la présence d’un roi sans pouvoir, à moins d’imaginer un soleil sans lumière!». C’est aussi Chah Abdelaziz qui déclara que l’Inde était devenue «Dâr Harb» (territoire de guerre) et non une terre d’Islam, car le gouverneur musulman avait perdu son pouvoir au profit des colons Anglais qui nommaient les employés, surveillaient la justice, payaient les salaires...
L’école de Chah Waliyoullâh forma des savants qui ont dirigé le jihâd pour libérer l’Inde de la grippe des colons Anglais. Parmi ces savants, l’Imâm Ahmad ‘Irfân, un disciple de deux des fils de Chah Waliyoullâh, se distingua par son dynamisme et son dévouement.
Retour à Dieu
Après avoir dépensé sa vie dans l’apprentissage, l’enseignement, la revivification de la Sounnah par la Volonté de Dieu et la réforme du pays, ce noble savant devint une référence incontournable dans les chaînes de transmission du Hadîth des savants de l’Inde. Il retourna à Dieu en laissant derrière lui des traces bénies, des ouvrages parfumés d’une science abondante et d’un souffle spirituel, et des enfants qui ont porté l’étendard de l’Islam :
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Chah Abdelaziz, Chah Rafî‘ Ad-Dîn, Chah Abdelkader et Shâh Abd Al-Ghanî. Puisse Dieu les récompenser pleinement et puisse-t-Il éclairer leurs tombes.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com