Oran - Revue de Presse

Les grands Imams du passé



L’Imam Abdallah Ibn Alawî Al-Haddad La Mosquée Bâ‘Alawî Le jeune Abdallah eut des compagnons de route et des amis qui furent également animés par une quête spirituelle insatiable. Quatre parmi ceux-là allaient devenir de célèbres cheikhs de Hadramaout: cheikh Ahmad Ibn Omar Al-Houndouwân, Cheikh Ali Ibn Abdallah Al-‘Aydaoûs, Cheikh Abdallah Ibn Ahmad Bilfaqîh et Cheikh Ahmad Ibn Hâchim Al-Habashî. Ces jeunes gens s’initièrent aux sciences islamiques auprès de nombreux Cheikhs, et assimilèrent par leur persévérance la quintessence du savoir des Cheikhs de Hadramaout. Ils se livrèrent alors à la lecture des œuvres de l’Imam Al-Ghazâlî, ainsi que d’autres ouvrages de références de la littérature islamique, et s’adonnèrent à la gustation de la poésie de l’Imam ‘Abd Al-Hâdî As-Sûdî et d’autres soufis. On raconte par ailleurs qu’ils lisaient des passages de ces ouvrages alors qu’ils se déplaçaient dans les rues de Tarîm pour occuper leur temps utilement.En compagnie de Cheikh Abdallah Bilfaqîh, Cheikh Abdallah Al-Haddâd allait retrouver les vallées de Hadramaout, élancées entre de belles collines de sable. Dans ce climat paisible, ils récitaient le Noble Coran et révisaient des éléments de la jurisprudence islamique. À la tombée de la nuit, le jeune Abdallah parcourait la ville à la recherche des mosquées afin d’y prier et d’y remplir les bassines d’eau en vue de faciliter les ablutions des orants qui viennent à la prière de l’aube.Cheikh Abdallah Al-Haddâd veilla à recevoir le savoir des hommes de piété et des Cheikhs de Hadramaout et du Hijâz. Il dit à cet égard : « Sache que nous avons rencontré et reçut le savoir de nombreuses personnes aussi bien de la part de maîtres Bâ`Alawîs que d’autres personnages que nous avons connus à Tarim, dans d’autres contrées de Hadramaout, dans les Deux Nobles Sanctuaires, ainsi qu’au Yémen à l’occasion de notre voyage pour accomplir le pèlerinage. Si nous avions à les décompter, il y a fort à penser qu’ils excéderaient cent personnes dont certains furent des savants, d’autres des gnostiques ou encore de vertueux frères. » La figure la plus importante parmi ses maîtres fut Cheikh Omar Ibn Abdarrahmane Al-`Attâs qui lui inculqua les sciences de la charia aussi bien sur le plan du fiqh que celui de l’éducation et de la transmission spirituelle. Un jour Cheikh Omar Al-`Attâs dit à son autre disciple, Cheikh Ahmad Al-Habashî : « Toi et Sayyid Abdallah avez commencé ensemble, mais vers la fin, vous serez séparés ». Cheikh Abdallah ne cessa de progresser dans le savoir et la lutte contre ses désirs propres si bien qu’il fut investi de la khirqah (cape) de Cheikh Al-`Attâs. Cet acte d’investiture symbolise en réalité l’attachement spirituel entre le maître et son disciple et le progrès accompli par le disciple dans la voie de la purification du cœur. Parmi les gnostiques les plus distingués qui investirent Cheikh Abdallah de la cape du cheminement vers Dieu figurent également Cheikh Mohammad Ibn ‘Alawî As-Saqqâf et Cheikh ‘Aqîl Ibn ‘Abd Ar-Rahmân As-Saqqâf. Dans sa jeunesse, l’Imam Abdallah Al-Haddâd dégusta des éléments de la poésie de Omar Ibn Al-Fârid, le « Sultan des Amoureux », et étudia des ouvrages du porte-parole des Shâdhilîs, l’Imam Ahmad Ibn `Atâ’illâh As-Sakandarî, comme Lata’if Al-Minan et les Hikam. Il se concentra ensuite sur l’œuvre de l’Argument de l’Islam Abou Hâmid Al-Ghazâli.   Conseils et Aphorismes Pour apprécier la dimension éducative et spirituelle dans les propos de Cheikh Al-Haddâd, nous proposons ici une sélection de certains de ses aphorismes et conseils. Frère bien-aimé, tâche de renforcer ta certitude en matière de foi et de la perfectionner. Car la certitude, lorsqu’elle pénètre les profondeurs du cœur et le comble, l’Invisible devient tel la vérité de visu. La personne pleine de certitude dira alors comme ‘Alî, puisse Dieu honorer sa face : « Si le voile était levé, cela n’augmenterait guère ma certitude. » Il convient que tu aies une part de récitation coranique quotidienne (wird) que tu accomplis assidûment le matin ou le soir. Si le cœur périt, il est de même pour le devenir dans l’au-delà. Nul n’échappe au Courroux Divin et n’accède à Son Agrément et à Sa Rétribution sauf celui qui se présente devant Allah avec un cœur sain.   Un regard critique Bien que l’environnement social fût relativement propice à l’assiduité dans la pratique religieuse et à l’ascétisme, l’Imam Abdallah Al-Haddâd fut sensible à la dégradation de l’éthique à son époque et critiqua, à maintes occasions et non sans amertume, ses contemporains et les gouverneurs qui s’écartaient de la voie droite. Ainsi disait-il : « Nos contemporains ont manqué toute chose, ils ont prétendu toute chose, et ils ont relâché toute chose », ou encore « si l’on donnait à nos contemporains le choix entre cent dirhams et le Pardon divin, ils préféreraient plutôt les cent dirhams au Pardon ! ».
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