L’Imam Abdallah Ibn Alawî Al-Haddad
Le Forgeron des Cœurs
L’Imam Abdallah Ibn Alawî Al-Haddâd, puisse Dieu lui faire miséricorde et l’agréer, fut un sage parmi les éducateurs raffinés de la voie de la purification de soi. Il occupe aujourd’hui une position saillante parmi les rénovateurs spirituels de la péninsule arabe et, trois siècles après sa mort, sa voie et ses ouvrages ne cessent d’inspirer un public grandissant.
Dans une langue accessible à ses contemporains, il exprima les fondements de l’éducation spirituelle qui préside au cœur de l’Islam. Ainsi, ses ouvrages s’apparentent-ils à des synthèses consignant la quintessence des vérités véhiculées dans le livre Ihyâ ‘ouloum Ad-Dîn de l’Argument de l’Islam Abou Hâmid Al-Ghazâlî, puisse Dieu l’agréer. Juriste shaféite et soufi de la voie Bâ‘Alawiyyah, il indiqua l’itinéraire pour ses disciples et incita les cœurs à cheminer, en permanence, vers la voie de l’au-delà. Si son nom de famille, Al-Haddâd, signifie « forgeron » en arabe, alors c’est la vie d’un « forgeron des cœurs » que nous tentons de pénétrer. L’Imam Ahmad Al-Mouhâjir et Hadramaout.Au quatrième siècle de l’Hégire (Xe siècle E.C.), l’Imam Ahmad Ibn ‘Isâ, dit Al-Mouhâjir ilâ Allâh (l’Émigrant vers Allâh), quitta la terre de l’Iraq alors agitée par les tourments et les polémiques. Ce descendant du noble Imam Al-Housayn est issu de la progéniture de l’Imam Jaâfar As-Sâdiq, puisse Dieu les agréer. Il se distingua par sa droiture et la manifestation de l’éthique du Coran dans son savoir et son comportement. Il se dirigea vers le Sud, séjourna pendant un an à Médine, la ville illuminée par les lumières du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, puis il accomplit le pèlerinage à la Mecque Honorée, avant de s’installer dans la vallée de Hadramaout, au Yémen. L’un de ses petits-fils du nom de Alawî est l’ancêtre des chérifs dits les Banû ‘Alawîs, ou selon le dialecte de Hadramaout les Bâ‘Alawîs, ce qui signifie littéralement les Enfants de Alawî. Les Bâ‘Alawîs s’installèrent essentiellement dans la ville de Tarîm, et dans une moindre mesure, dans les villes avoisinantes comme Shibâm, Sayûn et Qaydûn. Une minorité des Bâ‘Alawîs se trouvent aujourd’hui dans des villes côtières comme Achihr, Al-Mukallâ et Aden. Les cheikhs Bâ‘Alawîs et les disciples de l’Imam Ahmad Al-Muhâjir suivirent, génération après génération, le credo sunnite, la jurisprudence de l’école shaféite, avec une forte sensibilité soufie et un intérêt pour la voie de la dévotion et de l’ascétisme. La progéniture des Bâ‘Alawîs se ramifia et compte aujourd’hui des clans prestigieux comme la famille Al-Haddâd qui doit son nom à Ahmad Ibn Abou Bakr, un forgeron de Tarîm et un homme de piété.
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Naissance et jeunesse d’Al-Haddâd
L’Imam Abdallah Ibn Alawî Ibn Mohamed Al-Haddâd naquit en 1044 A.H. (1634 E.C.). À l’âge de trois ou quatre ans, il fut atteint de la rougeole et perdit la vue. Malgré les diverses critiques et les reproches que l’Imam Al-Haddâd formula à l’égard de la société de Tarîm de son temps, la vie dans ces vallées austères de Hadramaout était largement religieuse et favorable à l’ascétisme et à la dévotion. Selon la coutume prévalente, le jeune Abdallah se rendait quotidiennement aux leçons de mémorisation du Coran qui se tenaient après la prière de l’aube. Selon certains récits, il se dirigeait ensuite vers une mosquée de Tarîm où il avait l’habitude de prier quelques centaines de rak‘ahs. Cet effort de dévotion, remarquable pour un si jeune garçon, reflétait sa nature primordiale saine et son aspiration à cheminer vers Dieu. À cet égard, l’Imam Al-Haddâd ne disait-il pas don son ouvrage Risâlat Al-Mouâwanah : « Louange à Allâh Qui, par Sa Volonté, insuffle dans le cœur des aspirants l’ardeur de l’aspiration. Il ne cesse alors de les motiver pour emprunter la voie du bonheur, celle de la foi et de la dévotion. »
Il écrivit aussi dans ce même ouvrage : « Sache que le début du cheminement est un besoin pressant insufflé dans le cœur du serviteur de Dieu ; il le trouble, l’alerte, le motive pour accourir vers Dieu et la Demeure de l’au-delà, et le détourne de l’ici-bas. » Cette ardeur spirituelle se déclara à un jeune âge dans la vie de l’Imam Abdallah, si bien que sa grand-mère Salmâ et ses parents lui demandèrent d’être plus clément à l’égard de son corps. À contre cœur, il allégea son programme de dévotion et d’œuvres surérogatoires, mais continua néanmoins à accomplir près de deux cents rak‘ahs dans la Mosquée Bâ‘Alawî, en compagnie de l’un de ses amis d’enfance, cheikh Abdallah Bilfaqîh.
A suivre..
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com