Oran - Revue de Presse

Les gérants des laveries dénoncent la spéculation sur les détergents



L'instauration d'une autorisation pour s'approvisionner en détergent, le «Perchlo 50-a», pour les pressings et la lenteur dans la délivrance de ce document continuent à apporter son lot de désagréments pour les professionnels du secteur. En effet, depuis mai 2010, les propriétaires des laveries sont obligés de demander cette autorisation délivrée par la direction des mines pour pouvoir acheter ce produit classé dans la catégorie des produits dangereux.

 La rencontre organisée récemment au siège du bureau local de l'UGCAA, regroupant quelques commerçants, a été l'occasion pour aborder ce problème, surtout pour des jeunes ayant contracté des crédits dans le cadre de l'ANSEJ pour se lancer dans cette activité.

 Selon le coordinateur local de l'UGCAA, cette autorisation destinée à réglementer la commercialisation de ce produit a avantagé la prolifération du commerce informel car certains ont flairé le filon en écoulant ce détergent à 350 DA le kilo, alors qu'il était acquis entre 95 et 110 DA le kilo auparavant. Cette spéculation que les opérateurs ont condamnée est due en partie à la lenteur du traitement du dossier du demandeur, ce qui a généré, d'une part, l'indisponibilité du produit sur le marché, et d'autre part, le développement de ce type de pratiques. En effet, pour obtenir cette autorisation, le demandeur doit déposer un dossier au niveau de la direction des mines. Après une enquête des services compétents, le dossier est transmis au ministère de tutelle pour approbation, ce qui explique toute cette lenteur dans la délivrance de ce document. Mais face à cet état de fait et aux conséquences engendrées par ce retard, vu que l'attente dure huit mois pour certains, les professionnels ont attiré l'attention des pouvoirs publics sur l'impact de la spéculation sur ce produit. Certains ont carrément fermé boutique. « Nous ne pouvons plus payer nos employés ni faire face aux importantes charges, notamment rembourser les crédits contractés, ce qui nous a incités à recourir à la fermeture de nos pressings », ont affirmé les concernés, avant d'ajouter que certains propriétaires de pressing ont versé dans l'approvisionnement du marché parallèle de sorte que sur les quatre ou six fûts de détergents qui leur sont attribués, la moitié est vendue au marché noir, une autre pratique qui porte aussi préjudice à la profession. Ainsi et en interpellant les plus hautes instances et à leur tête le ministre de l'Energie, les intéressés ont demandé de l'aide en vue de faire face à ces pratiques anti-commerciales, lesquelles portent atteinte à la profession.


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