Oran

Les footballeurs expatriés prédomineront toujours dans les équipes nationales Faute d'un système de formation efficient impliquant tous les clubs



Les footballeurs expatriés prédomineront toujours dans les équipes nationales Faute d'un système de formation efficient impliquant tous les clubs
Photo : M. Hacène
Par Kamel Amghar
L'équipe nationale des moins de 20 ans (U20) a été froidement éliminée au premier tour de la CAN-2013, organisée ici même en Algérie. Un match nul en ouverture face au Bénin (0-0) et deux défaites consécutives ; devant l'Egypte (0-1) et le Ghana (0-2), le bilan des juniors de Jean-Marc Nobilo a été franchement catastrophique. De l'aveu même de ce dernier, ces poulains étaient mal préparés à ce type d'échéances. L'objectif initial, qui consiste à atteindre les demi-finales, synonyme de qualification au Mondial de cet été en Turquie, s'est révélé trop haut pour les camarades de Ferhat. Précédemment aussi, la U 17 a été honteusement disqualifiée de la
CAN-2013 en s'inclinant, à Alger, devant la modeste formation du Botswana aux tirs au but. Les capés de Malik Zorgane ont
profondément frustré le grand public, qui les a fortement soutenus à l'occasion. Début 2012, la sélection olympique (U23) s'est également faite éliminée au premier tour du Championnat d'Afrique, qualificatif au JO de Londres. Après trois défaites consécutives, face au Maroc (0-1), au Sénégal (1-2) et au Nigeria (1-4), les poulains d'Aït Djoudi ont été littéralement laminés par leurs vis-à-vis. Ces échecs répétés des petites catégories illustrent parfaitement la faillite totale du système de formation. Les clubs algériens ont abandonné depuis longtemps déjà les écoles et les petites catégories.
Les académies de la fédération ne peuvent assumer cette lourde charge en raison de nombre de places extrêmement limité qu'elles offrent. Les rares clubs qui forment encore (Paradou AC, ASM Oran, USMH) ne bénéficient d'aucun appui particulier. Pis, ils sont constamment arnaqués, puisque dès qu'un élément émerge du lot, il est vite repéré et recruté par des équipes nanties sans véritable contrepartie. Ce déficit se traduit concrètement dans les sélections nationales qui se retrouvent, à chaque échéance, obligées de prospecter au sein de la diaspora algérienne à l'étranger pour former un groupe compétitif, aussi modeste soit-il. A ce sujet, on a
longuement spéculé sur la place des joueurs locaux dans l'équipe nationale A. Nombre de passionnés, estimant que les championnats locaux recèlent de bons talents, reprochent aux sélectionneurs nationaux (Saâdane, Halilhodzic et leurs prédécesseurs) d'avoir une préférence pour les athlètes expatriés. Cette critique, à prendre avec des pincettes, est en réalité loin d'être objective. La preuve irréfutable est administrée par les désastres successifs essuyés par les jeunes catégories. Nul ne peut nier aujourd'hui que la relance du football algérien dépend intimement de la mise en place effective d'un système de formation efficient qui mettrait à contribution tous les clubs algériens, notamment les 32 sociétaires des deux ligues professionnelles.
La tutelle, les autorités locales, la FAF , la Ligue nationale du football professionnel et les ligues régionales doivent impérativement trouver la formule qu'il faut pour inciter les clubs à lancer des centres de formation et à s'occuper sérieusement des écoles (poussins) et des jeunes catégories. Le salut du foot algérien passe obligatoirement par là. Tous les pays africains ont parfaitement intégré cette donne dans leurs plans de développement depuis bien longtemps. Sur ce chapitre, l'Algérie, qui avait pourtant de bonnes traditions, fait aujourd'hui figure de dernier de la classe.
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