Les locataires passent entre les étais de soutènement et empruntent un escalier qui ne tient que par des consolidations, des mesures provisoires sur un chantier.Au n°26 de la rue Larbi-Ben M'hidi, en plein centre-ville d'Oran, les résidents d'un bâtiment datant de l'époque coloniale vivent une situation ahurissante depuis six ans, soit depuis que les travaux de restauration ont été tout simplement abandonnés par l'entreprise qui a laissé l'immeuble avec des étais de soutènement dans le corridor et la moitié de la cage d'escalier, l'ensemble ne tenant plus que grâce à ce dispositif de chantier. Les résidents expliquent : "Cela fait 6 ou 7 ans que l'entreprise de restauration est partie, nous laissant dans cet état."
"Aux deux derniers étages, les escaliers sont en train de s'affaisser, et voyez toutes ses barres de fer qui tiennent l'ensemble", nous montre l'un des locataires, qui poursuit : "Nous avons peur. Ce qui devait être provisoire dure, et un de ces jours tout va s'écrouler." Un autre habitant dit que les raisons du départ de l'entreprise seraient "d'ordre financier et des problèmes techniques autour de l'état de la stabilité du bâtiment qui va s'écrouler probablement un jour", sans que personne puisse confirmer la chose.
Depuis, les locataires ou les patients d'un médecin ayant son cabinet au 1er étage passent quotidiennement entre les étais de soutènement et empruntent un escalier qui ne tient plus que par ces consolidations, qui sont des mesures provisoires sur un chantier. Cet immeuble faisait partie d'un lot d'une vingtaine de bâtiments devant être restaurés, à l'époque de l'ex-wali Abdelmalek Boudiaf, par des entreprises italiennes et espagnoles.
En fait, cette grande opération de restauration avait révélé par la suite bien des dessous et des accommodations avec la réglementation pour le choix des entreprises, l'octroi des marchés et le choix des immeubles à restaurer. Des millions de dinars ont été engloutis, alors que nombre d'immeubles devant être restaurés ne l'ont pas encore été. L'exemple le plus flagrant est cet édifice du 26, rue Larbi-Ben M'hidi.
D. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : D LOUKIL
Source : www.liberte-algerie.com