Une frange à part, considérée par la société comme une erreur de la nature qui n'a pas sa place.
Si les enfants trisomiques n'ont pas la latitude d'y prêter attention, les parents, eux, souffrent du rejet de leur progéniture «diminuée» par des personnes dites «normales» et par l'inaptitude de ces dernières à accepter la différence. Raillés aussi bien par ceux de leur âge que par des adultes intolérants et impitoyables, les enfants trisomiques répondent par une candeur désarmante et un désir de sociabilité
qui amadouerait les plus durs.
Leur «handicap» ne les prive pas d'intelligence, pour peu que les pouvoirs publics s'impliquent dans l'insertion de ces personnes dans le processus de la vie.
Des témoignages d'enseignants exerçant au sein des établissements spécialisés font état du développement surprenant des enfants trisomiques pris en charge sur le plan pédagogique. Il ressort que ces derniers n'ont rien à envier aux enfants sains scolarisés, ils sont même en mesure de dépasser les moins doués que la scolarité rebute.
Mais le constat est là, le nombre d'établissements existants demeure nettement insuffisant et là encore, il faut user de moyens détournés afin que certains enfants puissent y avoir accès alors qu'il est de leur droit d'avoir un enseignement et une prise en charge spécifique à leur cas. Les quelques rares centres existant ont montré leur limite en matière de capacité d'accueil, cette situation n'a malheureusement pas interpellé les autorités concernées afin que celles-ci prennent en compte la légitimité des doléances des parents et des associations exerçant dans la défense des droits des trisomiques à l'accès à l'enseignement.
Ni les familles, ni le mouvement associatif n'ont réussi à attirer l'attention des pouvoirs publics, comme si les enfants trisomiques n'ont pas d'autre choix que de vivre en marge de la société. Nombreux sont d'ailleurs les parents qui se résignent, la majorité par ignorance, convaincus que leur sort et celui de leur(s) enfant(s) ne peuvent changer et qu'il n'existe aucune issue en mesure de permettre à leur
progéniture de mieux vivre et de s'intégrer plus aisément dans leur milieu. Sensibiliser les familles de trisomiques est loin d'être une préoccupation des autorités, du moment que les moyens nécessaires à leur éventuel développement ne leur sont pas assurés.
R. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachida Merkouche
Source : www.latribune-online.com