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LES ELECTIONS LOCALES SE DEROULENT DEMAIN Un scrutin marqué par d'importants flux financiers



Plus de 50 milliards de dinars, voire 100 milliards de dinars, c'est la facture approximative des élections locales de demain, un scrutin durant lequel d'importants flux financiers, notamment l'argent sale, ont été échangés.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Des élections pour le renouvellement des 1 541 Assemblées populaires communales (APC) et des 48 Assemblées populaires de wilaya (APW) se dérouleront demain. Plus de 8 600 listes de candidatures, représentant 52 partis politiques et coalitions d'indépendants, tenteront de s'attirer les faveurs de 20 673 818 électeurs. Un scrutin pour lequel le gouvernement a consacré une enveloppe de 31 milliards de dinars dont plus de 30 milliards de dinars ont été alloués au ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales. Soit un scrutin qui coûte 15,5 DA par électeur. Relevons que l'administration centrale du ministère de l'Intérieur a bénéficié de 14,9 milliards de dinars, la Commission nationale de surveillance des élections locales a dû bénéficier de 123 millions de dinars, le ministère de la Justice a été destinataire de 403 millions de dinars et le ministère de la Communication de 572 millions de dinars. Des montants destinés à financer les différents aspects logistiques et organisationnels de ce scrutin, notamment l'aspect infrastructurel. Et ce dans la mesure où plus de 2 100 salles, 940 stades et plus de 1 000 autres espaces publics et privés ont été utilisés lors de la campagne électorale notamment. Hors ces flux financiers officiels, d'autres sommes ont été consacrées pour la location d'espaces devant servir de permanences électorales, à des coûts parfois prohibitifs au regard de la spéculation ambiante et dans la mesure où le prix d'un local varie entre 30 000 DA à 300 000 DA en moyenne, selon ses dimensions, son emplacement et le degré de mercantilisme de ses propriétaires. Comme l'on relève que des sommes importantes ont été consacrées par les candidats pour l'impression et l'affichage, générant l'«explosion», diront d'aucuns du chiffre d'affaires réalisé par les imprimeurs privés notamment. Un marché qui représenterait en volume plusieurs centaines de tonnes de papier et en valeur 2,5 milliards de dinars, selon des données approximatives, primaires. Outre l'affichage, les activités liées à l'hébergement, la restauration ainsi que le transport des candidats et de leurs partisans génèrent d'importants frais en termes notamment de location de chambres d'hôtel, approvisionnement en produits alimentaires et autres consommation d'énergie et de carburants. Ce qui génère également des revenus importants à des milliers de prestataires et commerçants dont l'évaluation précise reste toutefois à faire. Ces élections ont également constitué l'occasion d'organiser des spectacles et manifestations censées être culturelles, le recours à des artistes et chanteurs ou groupes de musiciens pour animer les meetings ou cortèges de campagne. Ce qui représente une source de dépenses et de revenus faramineux, d'autant que le tarif d'un chanteur ou d'un animateur dépasse en général les 20 000 DA. Ainsi, ces élections génèrent une importante activité socioéconomique, des transactions financières que d'aucuns évaluent de manière primaire à 50 milliards de dinars, voire 100 milliards de dinars. Des transactions en général transparentes même si l'usage du chèque et autres moyens de paiement reste très limité et que nombre de candidats et autres acteurs concernés préfèrent recourir aux transactions informelles. Voire, ce scrutin a été entaché par l'utilisation de l'«argent sale», de l'argent mal acquis, les financements occultes de certains candidats par les barons de l'informel, l'utilisation de jeunes dans des opérations de séduction forcée... Cela même si la réglementation les interdit, de telles pratiques foisonnent pourtant et suscitent une grave inquiétude. Et ce d'autant que les compétences intellectuelles, managériales censées diriger les futures équipes locales sont marginalisées par rapport à des candidatures moins qualifiées et que la gestion des collectivités locales qui requiert le recours à des compétences aptes ne peut être confiée à des personnes inaptes. C'est ce que le consultant international Malek M. Seraï, contacté hier, relève en déplorant vivement la prégnance de l'informel et l'insuffisance de bonne gouvernance. Cela même si ce consultant estime que ces élections ont constitué l'occasion de flux financiers positifs, rentables d'une manière ou d'une autre pour toutes les parties et contribué à la dynamique socioéconomique du pays.
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