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Les dérives d'une chanteuse ZINA DAOUDIA AU THEÂTRE DE VERDURE D'ORAN



Les dérives d'une chanteuse                                    ZINA DAOUDIA AU THEÂTRE DE VERDURE D'ORAN
Un glissement soudain du chant à la politque
La chanteuse marocaine a appelé à l'ouverture des frontieres algéro-marocaines.
«Je continue toujours à plaider en faveur de l'ouverture des frontières», a indiqué la chanteuse marocaine, Zina Daoudia, qui a animé samedi soir un grand spectacle artistique au théâtre de verdure d'Oran. Et cette dernière d'annoncer: «Mon prochain album contiendra une chanson dédiée exclusivement aux frontières». «La chanson est intitulée 'Lilah, Ouvrez les frontières », a-t-elle expliqué.
L'interprète du chaâbi marocain, qui a évolué pour la troisième fois en une année à Oran, a haussé le ton en faisant samedi soir une sortie spectaculaire.
Cette fois-ci, en sortant de sa réserve, Daoudia voulait, vraisemblablement, épauler, sans le dire explicitement, les politiciens marocains qui ont échoué quant à convaincre leurs homologues algériens autour de la question de l'ouverture des frontières algéro-marocaines.
En effet, dans sa rencontre avec les journalistes à l'issue de son spectacle, Daoudia n'a pas hésité un seul instant à défendre implicitement les arguments et les positions avancés par le pouvoir marocain. Positions que l'artiste a qualifiées «de désir du peuple marocain qui est adressé à son frère le peuple algérien autour de l'ouverture des frontières».
Quelle mouche a donc piqué la chanteuse marocaine au point d'occulter le pouvoir des politiciens à qui revient la décision d'ouvrir ou de continuer dans la fermeture des frontières'
Zina Daoudia a raté une occasion de se taire comme elle le faisait auparavant, notamment lorsque les sujets qui risquent de fâcher sont abordés. Dans un passé récent, elle a, à plusieurs reprises, affirmé, se tenir distante de la chose politique. Or, dans sa dernière rencontre avec les journalistes algériens et qui a eu lieu à l'occasion de la célébration de la 50e année de l'Indépendance de l'Algérie, la chanteuse a été catégorique évitant de s'aventurer dans des sujets qui dominent l'actualité politique algero-marocaine. Idem pour sa première prestation qu'elle a donnée à Oran à l'occasion des soirées ramadhanesques organisées l'année dernière.
Dans les deux occasions, la chanteuse Zina Daoudia s'est ingéniée plusieurs fois, à stopper net les journalistes qui ne cessaient de la harceler en vue de lui arracher une quelconque déclaration d'ordre politique, notamment en ce qui concerne la question des frontières fermées sur ordre du pouvoir algérien en 1994 après que les responsables marocains eurent instauré le visa pour les Algériens désireux de se rendre au Maroc.
Pourquoi donc la chanteuse a agi de la sorte à partir d'Oran, et ce en renforçant des déclarations axées essentiellement et exclusivement sur les frontières' L'avenir révélera, sans doute, tous les secrets et les raisons qui ont motivé l'artiste à transformer son spectacle artistique en une véritable tribune politique à travers laquelle elle s'est aventurée dans un terrain sinueux et épineux puisqu'elle est allée très loin dans ses déclarations en chauffant l'impressionnante foule qui est venue assister à son spectacle.
Dans ce chapitre bien nommé, la chanteuse a, intelligemment, invité les présents à prendre acte quant à la position, unilatéralement défendue par le Maroc. D'autant que la question continue à faire souffler le chaud et le froid dans les relations diplomatiques algéro-marocaines.
La finalité étant, vraisemblablement, de prendre à témoin l'opinion publique, tout en stigmatisant implicitement le pouvoir algérien en lui imputant sur le sol algérien même, la fermeture qui se poursuit, des frontières. Dans ce sens, la chanteuse n'a rien trouvé de mieux à faire que d'inviter les centaines de présents désireux voir l'ouverture des frontières se concrétiser à mettre leurs portables sous le mode lumineux.
«Celui qui désire l'ouverture des frontières qu'il allume et exhibe son portable», a-t-elle scandé du haut des planches du théâtre de verdure Hasni-Chakroune.
Le message est passé comme une lettre à la poste, le théâtre fut aussitôt illuminé par plusieurs centaines de portables, la chanteuse s'est lancée dans une sorte de liturgie lyrique en répétant de sa voix captivante l'éternel mot d'ordre qui tient tant à coeur au pouvoir marocain concernant les frontières, et ce en scandant «Ouvrez les frontières ya Allah!».
Dans ce glissement soudain du chant à la politique, suivant une démarche sournoise, la chanteuse, expliquant son geste, a affirmé, suivant une démarche: «Mon souhait, à travers l'ouverture des frontières, est de rallier, par route, la ville d'Oran par sans passer par Alger en étant contraint de voler, pendant plusieurs heures, dans le ciel».
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