A l'instar d'autres pays, l'Algérie s'apprête à introduire une taxe sur tous les produits considérés comme cancérigènes, donc nocifs pour la santé. Les députés ont décidé de réagir en proposant un texte de loi.
Les anti-tabac et les associations qui luttent pour la défense des droits des personnes atteintes de maladies cancéreuses peuvent pavoiser. Les députés, membres de la commission de la santé, des affaires sociales et de la formation professionnelle de l'Assemblée populaire nationale ont proposé, lundi, de taxer tous les produits jugés cancérigènes pour la santé. Une initiative tardive, mais ô combien salutaire, car il y a longtemps que des gens avaient tiré la sonnette d'alarme, en proposant l'élaboration de nouvelles lois assurant une meilleure protection des cancéreux et autres personnes souffrant d'hépatite virale.
A l'occasion d'une réunion de travail consacrée à la prise en charge des cancéreux, à laquelle a pris part, également, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, les députés ont établi une liste de ces produits parmi lesquels le tabac, les insecticides, les colorants alimentaires et certains produits de beauté. Djamel Ould Abbès a accueilli, favorablement, la proposition des députés dans l'attente de sa soumission au Parlement pour examen. Tout en précisant que les produits cancérigènes provenaient tous de l'étranger, le ministre a révélé que la facture annuelle des médicaments évaluée à près de 2,5 milliards de dollars US a été gonflée par les importateurs, causant un sérieux préjudice au Trésor public. Selon lui, ce sont les laboratoires étrangers qui en tireraient profit. A titre comparatif, Djamel Ould Abbès cite certains produits que le groupe Saidal aurait acquis pour un montant de 2000 dollars, alors que les importateurs privés auraient déboursé pour les mêmes produits la bagatelle de 6000 dollars, soit un prix trois fois supérieur à celui payé par l'entreprise étatique. Soucieux de préserver les deniers de l'Etat, le ministre a indiqué que des négociations avaient été entamées entre le ministère et les laboratoires en question et qu'un accord sur la réduction des prix a été conclu.
Revenant sur la pénurie de certains médicaments, M. Ould Abbès impute celles-ci aux importateurs et vendeurs en gros dont l'«absence de professionnalisme» nuit beaucoup au secteur. Afin de réguler le marché et assurer une meilleure distribution des médicaments, Djamel Ould Abbès plaide pour une relance des «mécanismes de contrôle» en insistant sur la collaboration avec les services des Douanes. L'Etat accorde un intérêt particulier au domaine de la santé. C'est pourquoi le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a, dit-il, donné instruction aux banques à «faciliter la tâche de la Pharmacie centrale des hôpitaux en matière d'importation des médicaments non disponibles sur le marché. En guise de réponse aux laboratoires implantés en Algérie, qui s'étaient élevés contre le retard pris pour l'inscription des médicaments, Djamel Ould Abbès a déclaré que «la direction de la Pharmacie centrale a été soumise à un contrôle rigoureux.» Le ministre a, lors de son intervention, rappelé les orientations du chef de l'Etat en matière de politique nationale de santé en soulignant que trente plans de prévention lui avaient été présentés en août dernier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kaci AGGAD
Source : www.lexpressiondz.com