Les degrés de la foi
Autre période, autre exemple. Du vivant du prophète, des bédouins fraîchement convertis, réputés pour leur rudesse et leur dureté de caractère, s’évertuaient à se qualifier de « Mouminoune» (Les porteurs de foi).
Le Coran les a remis à leur place en ne leur reconnaissant que le premier échelon dans la hiérarchie de la foi : «Mouslimoune» (Les soumis dans l’acte sans considération du cœur). (Les Bédouins ont dit : « Nous avons la foi ». Dis : « Vous n’avez pas encore la foi. Dites plutôt : Nous nous sommes simplement soumis, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos cœurs.Et si vous obéissez à Dieu et à son messager, Il ne vous fera rien perdre de vos œuvres. Dieu est pardonneur et Miséricordieux »)4. Le Coran leur a refusé l’attribut de «Imane « (La foi) car celui-ci n’est pas une notion floue ou un penchant superficiel pour la religion, mais il reflète bien un acte normalisé doublé d’une exigence spirituelle. C’est le fruit de tous les actes d’adoration, et le lieu où ils sont capitalisés est le cœur. L’époque de ces générations de campagnards rudes, durs et peu portés sur les choses de l’esprit, est révolue. Mais reste ce caractère décrit dans le Coran pour distinguer ces volontés faibles qui n’ont pu enraciner la foi dans les cœurs. Ceux-là n’ont pas réussi à valider la première phase de leur cheminement pour décrocher le titre de «Moumine». D’autres ont pourtant réussi à décoller et à acquérir un peu de foi, mais ils ont vite déchanté et ont été recalés car ils n’ont pas pris soin de leur capital, ils ne l’ont ni entretenu ni fait fructifier. Aussi a-t-il fondu comme neige au soleil. Abou Horeira rapporte que le prophète a dit : « Certes, la foi s’use dans le cœur de l’un de vous comme s’use le vêtement. Demandez à Dieu qu’Il revivifie la foi dans vos cœurs ». La foi, au-delà du fait que le cœur représente son foyer et son réceptacle, a ceci de spécifique qu’elle est versatile et instable, volage et inconstante5. Il faut donc un effort soutenu, constant, récurrent et perpétuel pour arriver à l’ancrer et l’arrimer à son port d’attache : le cœur. Car autrement, elle se réduit et rétrécit comme peau de chagrin.
Hatim I. Belfkih
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com