A défaut de servir d'avertissement aux responsables, la tempête de 2009 a été mise aux oubliettes.
La catastrophe naturelle qui s'est abattue sur le port de pêche et de plaisance de Talla Yilef a occasionné des dégâts qui s'élèveraient à environs un milliard de dinars. Le coût de la réparation nécessitera probablement une enveloppe de 2 à 3 autres milliards de dinars.
Ces chiffres ne sont que provisoires. Ils peuvent être revus à la hausse, estiment certains spécialistes en la matière. Ce qui est loin d'être étonnant pour les observateurs qui cite en appui le cas de l'entreprise turque, une des trois entités constituant le groupement réalisateur. Elle aurait été incriminée dans d'autres affaires telles que celle du port d'Oran.
L'ex-directeur des travaux publics de la wilaya d'Oran aurait même été mis en cause dans l'affaire, avec au bout, sa mise à l'écart. Ce qui est communément appelé l'affaire de Talla Yilef n'a pas fini de livrer ses secrets. Une tempête similaire serait survenue en 2009, soit en pleine construction de cette infrastructure, selon les témoignages des habitants de la localité. Elle aurait occasionné d'importants dégâts à l'époque. A défaut de servir d'avertissement aux responsables, la tempête de 2009 a été mise aux oubliettes. Elle aurait pu être prise en considération, selon les observateurs, par l'administration pour prendre les mesures qui s'imposent. Si ces dernières avaient été prises, cela aurait évité ce qui s'est produit en ce week-end de mars. Certains résidents des environs racontent avoir acheté du ciment sur le site au plus fort de la crise de ce produits en 2009.
Le sac de ciment valait 250 DA seulement alors que sur le marché son prix s'affichait à 750 DA. Lors de la visite du wali, un responsable avait reconnu cette vente parlant de ciment «périmé». Comment peut-on fourguer un matériel périmé à de simples citoyens en quête d'un produit rare sur le marché' Ne s'agit-il pas là d'un acte criminel' L'ouvrier en question a été licencié, nous a-t-on appris. Que de révélations! C'est pour cette raison que cela ne pourra pas passer impunément, semble dire récemment sur les ondes de radio Soummam le président de l'APW de Béjaïa. Lors d'une émission radiophonique hebdomadaire au cours de laquelle les journalistes locaux commentaient l'actualité de la semaine, Mohamed Bettache, président de l'APW de Béjaïa a sous-entendu des doutes quant à la qualité de la réalisation, exigeant par conséquent, la mise en place d'une commission d'enquête pour situer toutes les responsabilités et autres failles. On ne peut pas se contenter d'une expertise, il faut agir profondément, avait-il déclaré en substance. Alors que les autorités de wilaya, qui se sont déplacées sur les lieux pour constater de visu les dégâts, ont opté pour une expertise confiée aux experts du Laboratoire d'études maritimes (LEM) pour expliquer et comprendre ce qui aurait pu fragiliser la digue conçue pour faire face à la furie des vagues, le président de l'APW veut aller plus loin. Il est utile de rappeler qu'au début du mois de mars, une forte houle qui a duré plus de 36 heures a détruit la baie de protection du port de Talla Yilef à Saket sur une longueur de 140 mètres. Si la situation est, certes, «exceptionnelle» se singularisant par des vagues de 14 à 16 mètres, il n'en demeure pas moins que beaucoup d'interrogations restent sans réponse.
Les dégâts occasionnés sont tels qu'il faudra encore des années aux pécheurs locaux pour profiter de cette infrastructure qui se fera encore longtemps désirer. Rappelant que le projet a été réalisé conjointement par une entreprise turque et deux algériennes. Le port s'étend sur une superficie de 5,3 hectares, et devait accueillir 100 embarcations de divers types et longueurs. Il est composé de deux jetées de protection, de quatre appointements et de deux quais de débarquement.
Le projet de réalisation a coûté 3,5 milliards de dinars de même que des unités de transformation sont projetées à la périphérie de la structure portuaire. A la faveur de cette catastrophe, il coûtera presque le double. Ainsi vont les projets d'utilité publique à Béjaïa. Lorsque ce n'est pas la nature, ce sont des avenants qui doublent le coût, que seuls les spécialistes en matière puissent expliquer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki SLIMANI
Source : www.lexpressiondz.com