Oran - Revue de Presse

Les déconvenues du frère de Ahmed Zabana



« Quand nous avons lu les déclarations du frère de Ali La Pointe sur les colonnes d'El Watan, nous nous sommes dit : pourquoi pas nous ' ». Ce sont les propos de Abdelkader Zahana, le frère cadet du martyr Ahmed Zabana (Zahana de son vrai nom) dont les déconvenues avec certains représentants de l'autorité locale oranaise ne datent, selon l'intéressé, pas d'aujourd'hui. A propos d'aujourd'hui, il désigne la cérémonie d'inauguration de la nouvelle statue érigée à la mémoire de son frère sur le rond-point situé à proximité du pont qui porte son nom. La première, datant d'à peine quelques années, n'étant pas jugée à la hauteur du personnage, a été remplacée par une nouvelle stèle mais dont les dimensions restent toujours insatisfaisantes, la taille du socle étant quelque peu démesurée. Mais là n'est pas le propos car ce qui a poussé cet ancien moudjahid à sortir de ses gonds c'est le manque de considération dont il se dit victime. « J'ai été contacté par mon ami d'enfance (M. Ouali, de l'association des résistants d'Oran) pour assister à cette cérémonie alors que moi-même, j'avais déjà, et depuis des années, cessé de répondre à ce genre d'invitations comme je le faisais chaque année auparavant à Zahana (la ville) quand j' y allais pour des hommages rendus à mon frère et au cours desquels on se contentait de me délivrer un diplôme symbolique sans jamais donner de suite à mes doléances malgré les promesses qu'on m'a faites. Souvent, je me débrouillais moi-même un transport pour rentrer chez moi ». Cette fois, à titre exceptionnel, il a accepté d'assister à la cérémonie mais les hôtes qui l'ont invité l'ont finalement oublié, le laissant poireauter toute la matinée dans l'attente d'un coup de fil qui ne viendra jamais. « Les organisateurs devaient m'appeler pour m'expliquer la démarche à suivre et transmettre à l'intéressé », explique l'ami d'enfance qui se désole lui aussi d'avoir dérangé son compagnon pour rien. « Vers midi, je vois sonner à ma porte Abdelkader qui est venu s'enquérir de la situation. Etonné moi-même, je lui dis : ''je croyais que tu étais parti sans me prévenir'' », raconte-t-il. Ceci étant dit, Abdelkader Zahana dit occuper jusqu'à aujourd'hui le logement cédé à sa mère après l'indépendance. « Dans le passé, nous avons failli être expulsés de cette maison si ce n'est l'intervention du colonel Othmane à l'époque. Nous avons quand même dû nous acquitter des arriérés de loyer (un échéancier prévoyant deux mensualités à la fois) », se souvient-t-il en précisant que pour un salaire de 610 DA, il devait payer 240 DA/mois. Le reste de ses déconvenues, il les résume comme suit : « Sans vouloir utiliser le nom de mon frère, j'ai fait plusieurs demandes en ma qualité d'ancien moudjahid pour avoir un logement pour mes enfants qui ont grandi mais en vain. J'ai demandé un kiosque à 2 ou 3 maires qui se sont succédé à Oran sauf que, malgré les affectations, aucune suite n'a été donnée à mon dossier. N'ayant également pas pu bénéficier d'un lot de terrain à bâtir, j'ai même sollicité les concernés pour une licence de taxi dans les années 80, une demande que j'ai renouvelée il y a une année et j'attends. »
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