
Des campagnes ont été lancées pour dissuader les jeunes ayant postulé pour les dispositifs d'aide à l'insertion professionnelle (Ansej, CNAC?).Après avoir eu gain de cause, ce genre de campagne s'étend à d'autres projets tels que les crédits pour l'acquisition d'un logement. Après l'annulation des intérêts sur les crédits d'insertion des chômeurs, c'est au tour des souscripteurs au logement de réclamer la suppression des taux d'intérêts sur les crédits bancaires. Le motif principal de ces revendications demeure religieux. Une réponse a été donnée également aux souscripteurs de l'AADL ayant refusé de payer les intérêts. Mais cette fois-ci par le ministère des affaires religieuses. Ainsi, le Conseil scientifique national (CSN) a édicté, au mois de février dernier, une fatwa autorisant l'acquisition de logement via la formule «location-vente». D'après le CSN, cette formule ne va pas à l'encontre des préceptes de l'Islam. Toutefois, cette institution religieuse a préconisé de substituer à l'appellation «location-vente» l'expression «vente par facilité de payement».Un simple changement d'appellation peut-il rendre «halal» une formule de vente proposée par les autorités ou un produit bancaires boudé par ceux qui l'estiment «haram» ' C'est ce que laisse croire cette institution.En plus, les souscripteurs de l'AADL sont actuellement préoccupés beaucoup plus par les nouvelles mesures du ministère de l'habitat, telles que le certificat négatif et les délais de payement des tranches qui tardent à voir le jour. Reste maintenant la revendication des souscripteurs LPP (Logement promotionnel public) qui se sont organisés en collectif. Si la revendication majeure de ces derniers demeure la transparence dans la gestion de cette formule, l'annulation du taux d'intérêts sur le crédit bancaire a été également soulevée par des souscripteurs. Faut-il rappeler que le taux d'intérêt et de 3%.Les souscripteurs du LPP en campagne conte les intérêtsSur une page créée sur la Toile par ce collectif, circule un slogan adopté par la majorité des souscripteurs : «Non aux crédits avec intérêts, oui pour le bon rapport qualité/prix». Dans un communiqué rendu public, le collectif des souscripteurs LPP souligne que ce taux d'intérêt «affectera directement le pouvoir d'achat de cette classe». Mais la discussion des souscripteurs LPP sur le Net confirme que le refus est d'ordre religieux. «Non aux intérêts, c'est Haram», poste un souscripteur sur le forum. Un autre candidat manifeste sa volonté de se désister dans le cas où ce taux d'intérêt est maintenu. «Que pensez-vous d'un crédit d'une banque islamique '» propose un autre. Un cadre dans une banque publique exerçant dans le service crédit, qui a requis l'anonymat, affirme que lorsqu'il s'agit d'acquisition d'un logement, les clients ne se soucient pas des intérêts. «Nous avons accordé des crédits aux hommes et aux femmes à l'allure islamiste (kamis, djilbab?). Ces comportements cachent-ils une certaine ??hypocrisie sociale'', ou témoignent-ils du fait que les Algériens n'ont pas une seule référence religieuse '» Afin de mettre au clair toutes ces questions, nous avons tenté vainement de contacter le ministère des affaires religieuses. Par ailleurs, un cadre d'une institution étatique, sociologue de formation, qui lui aussi a requis l'anonymat, estime que les enjeux de tout cela sont d'ordre idéologique.«C'est à nous de développer nos outils»«C'est un travail de psycho-sociologie. Pour y remédier, il faut tout un processus de socialisation», soutient-il. Au sujet des fatwas qui proviennent des autres pays musulmans, notamment ceux ayant adopté le courant wahhabite, le sociologue enchaîne : «C'est à nous de développer nos outils», déplorant l'inexistence d'un mufti de la République qui soit une référence pour tous les Algériens. Pour sa part, un responsable d'une institution religieuse qui tient à son tour de garder l'anonymat, estime que ce genre de question vise essentiellement à répandre le doute et la panique dans la société. Ces campagnes religieuses visent également, d'après ses dires, «à porter atteinte à la crédibilité des institutions». «Adopter une conception de la vie élaborée par des muftis de l'Arabie Saoudite pour l'appliquer en Algérie est une grande erreur», estime ce spécialiste du fiqh (compréhension du texte sacré), pour la simple raison que les références religieuses de l'Algérie et de l'Arabie Saoudite sont différentes : le premier pays a adopté le malikisme, et le deuxième le hanbalisme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djedjiga Rahmani
Source : www.elwatan.com