«Les pesticides périmés se sont infiltrés dans la nappe phréatique»
La menace d’une bombe écologique continue à planer sur le secteur urbain Ibn Sina et en particulier le quartier haï daya, ex Petit Lac, du fait de sa proximité avec la source du danger.
La bombe écologique, telle que l’a qualifiée M.Chougrani Serrir Boualem, président de la l’association Chougrani, est constituée par la présence de cinq conteneurs de produits chimiques périmés stockés depuis plusieurs années dans les locaux ASMIDAL situés à haï daya. Les produits concernés sont des pesticides dont la date de péremption est très largement dépassée, et dont l’éradication devait faire l’objet d’un avis d’appel international. Malheureusement, la situation s’éternise et l’avis d’appel n’est toujours pas lancé, selon les déclarations de la direction générale de l’environnement. Le ministre de l’environnement et de l’aménagement du territoire, M.Cherif Rahmani, avait été saisi de ce problème, en décembre 2005 par l’association Chougrani, et avait promis de le prendre en charge et de trouver une solution. Aucune solution n’ayant été réellement retenue, le problème perdure, s’aggrave de jour en jour, et les risques de contamination pour les riverains s’accentuent. Par une correspondance portant le numéro 511 datant de 2004, adressée au wali d’Oran, les responsables de la commune d’Es Senia ont demandé une intervention rapide, car les émanations provenant de ces produits chimiques peuvent engendrer des maladies comme l’asthme ou le cancer des poumons. Le bureau d’hygiène communal d’Es Senia est déjà intervenu et a donné l’alerte lorsque de fortes odeurs de pesticide émanant de l’unité ASMIDAL ont été signalées. Se rendant sur place, ses agents ont confirmé le constat effectué par la commission de l’environnement de la ville d’Oran. Un constat fort alarmant car il révèle des fissurations à la base des conteneurs contenant les pesticides périmés. Ceci dit, en plus des odeurs qui parviennent aux quartiers mitoyens de l’unité ASMIDAL, soit Petit Lac, Victor Hugo, cité Emir Abdelkader, et Es Senia, la nappe phréatique est polluée par ces produits chimiques périmés qui se sont infiltrés dans le sol. Selon M.Chougrani, la date de péremption de ces produits remonte à 1988. Ce dernier, fervent défenseur de l’environnement, ne cesse de frapper à toutes les portes essayant de trouver de l’aide et une oreille attentive pour résoudre ce problème et mettre fin à cette menace écologique, qui ne se limite pas à quelques quartiers mais concerne toute la ville. Abordant l’historique du problème, notre interlocuteur notera que ces pesticides ont été livrés par ASMIDAL à L’ONAPSA, au niveau de son unité de Saint Rémy. En 1988, ces produits arrivant, en fin de péremption, ont commencé à dégager des odeurs qui ont suscité la grogne des riverains. Ces derniers ont interpellé M.Kouadri, alors wali en poste à ce moment, qui a ordonné le transfert des cinq conteneurs à l’unité ASMIDAL d’Oran. M.Chougrani a affirmé qu’au moment du transfert, d’autres produits périmés ont été rajoutés aux pesticides, ce qui a engendré une nouvelle substance que nul ne peut recycler. Quant à l’éradication de ce produit qui empeste l’environnement des Oranais, particulièrement les habitants du secteur urbain Ibn Sina, elle ne peut être menée que par des spécialistes. Mais aucune consultation n’a été engagée jusqu’à présent pour trouver d’éventuels soumissionnaires.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com