30% des jeunes ne matérialisent pas leurs projets
«Les conditions d’accès à certains créneaux sont jugées trop contraignantes pour de nombreux jeunes porteurs de projets qui trouvent énormément de difficultés à les matérialiser.»
C’est la première observation faite par le directeur de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes de la Wilaya d’Oran qui soutient, toutefois, que le challenge a été relevé cette année pour valoriser les potentialités et valider le maximum de dossiers. «Jusqu’au 1er septembre 2008, nous avons pu valider 62% des dossiers et les résultats de cet exercice ne peuvent que refléter les efforts déployés depuis le 2 janvier 2008, date de la mise en place de la commission locale d’étude et de financements des projets», souligne-t-il. Il s’agit d’une commission, élargie aux représentants de banques publiques, qui a statué sur quelque 650 dossiers d’éligibilité au fonds ANSEJ. «Cette nouvelle façon de faire a permis ainsi le financement de 301 porteurs de projets sur 483 validés», comme l’explique Naït Bahloul Abdelaziz, directeur de l’ANSEJ de la wilaya d’Oran, en citant plusieurs projets intéressants qui sont l’œuvre de jeunes diplômés de l’université ayant investi dans des activités diverses comme les Call Center, les bureaux conseils, la sous-traitance dans les secteurs industriels et de service.
Les résultats, dit-il, auraient pu être meilleurs si les jeunes n’étaient pas contrariés par le problème de rejet de financement de certains projets, précise notre interlocuteur qui ajoute que «trente-deux projets n’ont pas abouti en raison des difficultés rencontrées en amont par les jeunes, particulièrement en agriculture où les conditions d’accès sont jugées contraignantes». «Notre problème, c’est la Badr», clame un jeune porteur de projet qui se désole que cette banque et l’administration des services agricoles semblent tout faire pour décourager les jeunes à investir dans ce créneau. «Sinon, comment expliquer qu’on nous demande de disposer de 15 ha pour cela», tonne-t-il. D’autres dossiers sont également bloqués dans le domaine de la culture hors sol. «Pour une vache, ils exigent 500 mètres carrés de terre. Ce n’est pas normal», estime un autre jeune. Idem pour le secteur de la pêche où plusieurs porteurs de projets, qualifiés notamment dans le domaine des petits métiers, trouvent des difficultés pour acquérir des postes à quai. «Pourtant, lance un ami de la mer, ce sont des activités que l’ANSEJ essaie de promouvoir, et ce, en droite ligne des orientations du gouvernement. Le BTP qui a pourtant de beaux jours devant lui est, lui, confronté à ce genre de blocage, se désole M. Naït Bahloul Abdelaziz, et ce, malgré l’engouement affiché par des jeunes qualifiés et désireux d’accéder au marché du bâtiment. «Des jeunes promoteurs qui sont découragés par la mise en place d’un système qui leur laisse peu de chance en dépit, dit-il, des instructions du wali qui a accordé la catégorie 2 pour les diplômés afin de les encourager à s’orienter vers ce créneau». Un réconfort, cependant, pour les jeunes qui ont un savoir-faire mais ne sont pas diplômés, orientés vers les CFPA qui leur délivrent une attestation les aidant à préserver leurs acquis professionnels. Et à propos de la formation des jeunes promoteurs, on relève l’existence d’une nouvelle disposition Ansej-CNAC permettant leur initiation aux techniques de gestion.
Safi Z.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com