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Les commerçants partagés à Oran Actualité : les autres articles



Les avis des boulangers et commerçants d'Oran sont partagés entre assurer le service ou prendre congé durant l'Aïd et les jours suivants. Chacun y va de ses arguments.
«J'ai apposé une affiche sur ma devanture où il est spécifié clairement à l'intention des clients que notre établissement sera ouvert durant les deux jours de l'Aïd, mais uniquement entre 4h et 8h du matin», indique un boulanger installé au c'ur d'un quartier populaire d'Oran. Cette grande boulangerie attire habituellement, toute la journée, un grand nombre de clients. Ce service minimum a été décidé conformément à l'appel de la Fédération des boulangers, qui a l'habitude de sensibiliser ses adhérents sur la nécessité d'ouvrir, selon une rotation, les jours fériés. Une consigne pas toujours prise en considération par les professionnels. Les horaires ont été négociés pour permettre aux ouvriers de passer l'Aïd en famille.
D'autres restent intransigeants. «Des représentants de la corporation sont venus me solliciter pour que j'ouvre vendredi et samedi, mais je leur ai répondu que ce ne sera pas possible car mes ouvriers veulent prendre leur congé», déclare un boulanger installé sur la rue Larbi Ben M'hidi. «Je leur ai dit la chose suivante : 'Donnez-moi des ouvriers et j'assurerai le service avec un grand plaisir'», poursuit le même artisan, en précisant que ses employés résident à Oran, mais veulent quand même passer l'Aïd en famille, loin des tracas du travail.
On a souvent imputé la fermeture des boulangeries durant les jours fériés au fait que les employés sont originaires d'autres régions du pays. Ce n'est pas toujours vrai, car la fermeture des commerces, notamment durant les fêtes religieuses, est devenue une tradition bien ancrée dans la société. Et cela se ressent dans tous les domaines de la vie courante, dans toute la chaîne de la consommation, mais aussi dans les transports.
Sur une autre grande artère d'Oran, les mêmes disparités sont constatées. «J'ouvre les jours de l'Aïd mais uniquement la nuit, disons de 2h à 7h», lance un boulanger, un des plus anciens du quartier. Un peu plus loin, un concurrent fait office d'exception qui confirme la règle : «Moi je vous rassure : je reste ouvert toute la journée et durant les deux jours !», lance-t-il pour montrer sa bonne volonté.
Hormis la tension sur le pain qui a par ailleurs laissé de mauvais souvenirs l'Aïd passé, ce sont aussi les autres commerces de consommation qui restent fermés même les jours suivant la fête. Cette année, la fin de l'Aïd correspond très exactement à la reprise du travail, en début de semaine, et ces lieux sont indispensables.
«Je resterai fermé durant toute la semaine», tranche le gérant d'un énorme fast-food situé sur la rue Khemisti, et ce n'est pas sans raison. «Comment voulez-vous que j'ouvre alors que tous les prix des fruits et légumes connaissent déjà une flambée hors du commun '», s'interroge-t-il, imputant cette situation aux spéculateurs. «Avec la tomate qui tourne déjà autour de 110 DA le kilo en gros et le prix du poulet (pour le kebab) qui habituellement descend à l'approche de l'Aïd mais s'est envolé ces jours-ci à 380 DA le kilo (toujours prix de gros), la réponse est toute simple : je ne peux pas travailler, sinon à perte.» Là aussi, ce ne sont pas tous les commerçants qui adoptent des attitudes radicales. «Dites à vos lecteurs qu'au n°28, nous reprendrons le travail au troisième jour de l'Aïd !» consent un autre gérant de fast-food situé plus loin.
La même démarche est préconisée dans des établissements similaires gérés par des Turcs, qui ont lancé une petite chaîne à l'échelle locale. Il faut savoir aussi que, d'après les expériences précédentes, les marchés de fruits et légumes restent désespérément vides plusieurs jours après la fête. Les habitants ont tellement l'habitude que cela fait quelques jours déjà qu'ils prennent leur disposition en stockant les denrées nécessaires, une manière de faire qui influe également sur les prix.
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