Le sit-in observé dimanche dernier par les commerçants de la place Valero et de Haï Edderb, pour dénoncer l'insécurité qui règne dans les lieux et le diktat des bandes armées qui les soumettent au racket, traduit dans une large mesure un sentiment de peur ressenti par la population oranaise.
En effet, samedi dernier un citoyen qui s'était rendu à Haï Edderb pour faire des achats chez des grossistes a été agressé par une bande armée. L'incident, le énième du genre, a suscité la réprobation des commerçants qui n'ont pas manqué de rappeler que malgré les différentes correspondances adressées aux autorités locales et malgré les actions de protestation menées depuis des années, les lieux restent soumis à une violence perpétrée par des bandes de malfaiteurs qui agissent en plein jour, au vu et au su de tout le monde.
Il y a quelques mois, en plein mois de Ramadhan, les commerçants avaient baissé rideau à la suite de l'agression d'un client. Leur appel aux autorités locales n'a pas eu l'écho escompté. «Des policiers ont été affectés à la surveillance des lieux mais cette mesure était insuffisante dans la mesure où ces agents en tenue étaient postés au niveau de la station du bus. Un dispositif discret et qui s'appuie sur des policiers en civil s'impose et serait plus efficace», affirment des commerçants.
Ces derniers ne manqueront pas également de rappeler que des bandes armées les soumettent au racket avec menace en cas de plainte auprès des autorités. «C'est comme durant les années noires de Chicago quand la pègre italienne soumettait les gérants des commerces à un racket. Ils nous réclament de l'argent pour nous laisser travailler en paix. Nous payons nos charges et nous sommes légalement installés, nous sommes en droit d'exiger la sécurité», notent-ils.
Dans le même ordre d'idées, des commerçants de la rue des Aurès (ex-la Bastille) affirment qu'ils subissent la même contrainte. «Des individus connus de tous, des malfaiteurs, viennent nous réclamer de l'argent. Ça ne peut pas durer, il nous faut une solution car nous craignons pour notre activité et nos vies», affirment-ils. Cette rue est dans la matinée affectée au marché de fruits et légumes.
Les commerçants légalement installés sont sommés de quitter les lieux à 13 heures pour laisser la place à d'autres commerçants faisant la même activité mais sans payer de charges ou de taxes. Ces informels sont protégés par une pègre qui fait du racket une spécialité.
«Ces vendeurs ne paient aucune charge et nous sommes obligés de leur céder les lieux à 13 heures sous peine d'être la cible d'une expédition punitive. Nous ne savons plus à quel saint nous vouer car ces commerçants, par leur activité, mettent en péril notre gagne-pain. Il nous faut une protection et il nous faut surtout l'assurance que les lieux ne servent pas de marché après notre départ. Le marché est autorisé le matin, toute l'activité qui s'y déroule l'après-midi est illégale. Les autorités sont au courant de cette situation mais elles n'ont pas réagi», affirment des commerçants.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F Ben
Source : www.letempsdz.com