
"La déviation de l'Etat, l'absence de programme de développement, l'entrave aux horizons d'avenir d'une jeunesse privée du droit au travail et de liberté sont les raisons qui ont poussé des jeunes de la région à manifester et à répondre aux slogans des séparatistes", a déclaré, hier, Mohamed Nebbou, lors d'un meeting populaire à Oum El-Bouaghi. Il précisera que "pour le FFS, l'unité nationale et l'intégrité territoriale constituent une conviction inébranlable liée à notre identité politique, de même que notre engagement pour tamazight et les autres éléments constituant la personnalité algérienne et l'identité nationale, la revendication de tamazight est indissociable de la démocratie". Il poursuivra : "On ne peut imaginer tamazight sans liberté, et la liberté, tout comme tamazight, est une question nationale."Pour l'orateur, "le sort et l'avenir de la région de Kabylie sont liés au sort des différentes régions nationales". Il fera savoir, par ailleurs, que "certains intérêts personnels exploitent la colère de la jeunesse en Kabylie pour se repositionner sur la scène politique". Revenant à la situation du pays, Mohamed Nebbou avertit : "Ceux qui ont volé des milliards sont prêts à pousser les Algériens à s'entretuer pour qu'on oublie leurs crimes." Le premier secrétaire du parti d'opposition en Algérie avancera encore que cette situation est l'indice d'une grande crise politique. "Nous souffrons tous de la situation que vit le pays, les scandales de corruption font la Une des journaux, et ce, depuis des années, ce pays est atteint de pourrissement de l'intérieur." Aussi, dira-t-il, "la déconsidération des crimes économiques est un problème politique, c'est une agression contre l'Etat et ses institutions, c'est aussi une agression exécutée par des forces travaillant à partir des institutions de l'Etat contre les institutions de l'Etat".De son côté, Ahmed Betatache, ancien premier secrétaire du parti, était à Oran, où il animé une conférence-débat à l'occasion du 36e anniversaire du Printemps berbère. Il a déclaré que le FFS était le premier parti du pays à avoir appelé à une reconnaissance de tamazight en tant que langue nationale. "L'amazighité est une question de dimension nationale et ne concerne pas seulement une région de l'Algérie", a-t-il martelé. Pour lui, "il ne fait aucun doute que la question amazighe, qui est de dimension nationale, puise naturellement son prolongement dans l'Algérie pré-arabe et islamique".Se démarquant ouvertement des mouvements qui prêchent l'autodétermination de la Kabylie, Ahmed Betatache a mis en cause la responsabilité directe du régime qui, selon lui, "a mis le feu qui ronge l'Algérie de toutes parts". Rejetant le rôle du FFS à jouer "les pompiers pour éteindre l'incendie", il a appelé le pouvoir à "agir sans tarder pour goupiller une bombe à retardement (et) qui risque de mettre à mal le pays". Il a enfin dénoncé avec véhémence "la révision de la Constitution qui est un acte de violence infligée au peuple algérien".Par ailleurs, Ali Laskri était au même moment à Bouira, pour animer un meeting. Il a, d'entrée, rendu hommage aux acteurs du 20 Avril 80, cette date phare du mouvement pour les libertés et la démocratie. Et dans une vision assez large, il ajoutera : "Maintenant, le peuple algérien s'est décomplexé et veut se réapproprier son histoire, il a compris qu'il est amazigh, et veut vivre sa personnalité complète dans toutes ses dimension africaine, maghrébine et méditerranéenne."Parce que, a-t-il expliqué, "quand le peuple algérien jouit de sa pleine personnalité, dans ses profondeurs africaine, méditerranéenne et maghrébine, aucun danger de division ne peut nous guetter". S'agissant de la constitutionnalisation de tamazight, le membre du directoire du FFS a tenu à revendiquer vivement "la transcription de tamazight dans toutes les institutions du pays à côté de la langue arabe. On doit former des enseignants et ouvrir des départements de la langue dans toutes les universités nationales, parce qu'il y a une négligence dans la formation qui souffre d'un déficit". "Pourquoi le citoyen turc écrit-il sa langue, le Grec aussi, et pas nous '", s'est-t-il interrogé.B. NACER/K. REGUIEG-ISSAAD/Farid Haddouche
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Correspondants
Source : www.liberte-algerie.com