Oran

Les "bi"



Les
«Notre vraie nationalité est l'humanité.» Herbert George WellsLes musulmans vivant en Europe, connaîtront-ils demain le même sort que les juifs d'avant 1945' Auront-ils à leur disposition des camps de concentration dans les banlieues de leurs ghettos actuels' Porteront-ils à leur poitrine des «croissants jaunes»' C'est la question que l'on peut se poser en voyant le combat d'arrière-garde mené par Marine Le Pen pour ramener à elle tous ceux que le capitalisme a laissés à la marge... Attention! La campagne menée contre les bi-nationaux ne concerne que les citoyens issus de ces nations défavorisées, ces pays où une mince frange bénéficie du produit national net et qui envoie le reste faire la manche sur les quatre continents. Cela ne concerne nullement ceux qui jettent leurs pétro-dollars dans les casinos ou qui rachètent des clubs de football en faillite...Qu'est-ce qu'un «bi»' Tout d'abord, il faut distinguer plusieurs catégories de «bi»: ceux qui le sont devenus par les hasards de la biologie, ce miracle chimique qu'on appelle l'amour et qui ne connaît ni frontières ni interdits. Nés de mariages mixtes, en général de père algérien et de mère européenne, (le syndrome du colonisé se manifeste souvent par l'ardent désir d'avoir pour conjoint quelqu'un d'en face et le premier rêve de l'esclave n'est-il pas de remplacer le maître dans l'alcôve, parce que c'est la chose la plus aisée à faire'). Dans ce cas précis, l'enfant, arrivé à majorité ne s'embarrasse pas de réflexion pour choisir son bord. Il opte pour le pays dont est originaire sa mère: un pays développé où fleurissent à chaque coin de rue les droits de l'homme et du citoyen, un pays respectueux des lois faites par des gens qui ne sont pas passés par des urnes bourrées, enfin un pays où il y a beaucoup de bars qui ferment tard, où les cafés sont munis de toilettes propres et les rues équipées de vespasiennes, ces édicules qui libèrent le voyageur des contraintes de la nature et qui sont une magnifique séquelle de la colonisation romaine. C'est enfin un pays où l'unique déesse à qui l'on voue un culte sans limites est représentée sous les traits d'une magnifique femme appelée l'Arlésienne sous nos tristes tropiques. L'autre raison est économique: la couverture sociale est beaucoup plus confortable au Nord qu'au Sud où le soleil et la chaleur contribuent à utiliser le moins possible ce précieux instrument né de la solidarité humaine... Cependant, l'enfant né d'un couple mixte ne renonce pas totalement à sa patrie d'origine car il garde tout à fait au fond de son coeur le souvenir nostalgique des récits du paternel sur les longues veillées au coin du feu quand une grand-mère affectueuse, racontait, les yeux fermés pour mieux se souvenir et d'une voix où la tendresse se mêlait à l'émerveillement, des légendes du temps passé où il faisait bon de vivre au bled. C'est pendant la période des grandes vacances que le fils va connaître les dures réalités que le père a oubliées ou a tues par pudeur...L'autre catégorie de «bi»est constituée d'étudiants, de stagiaires qui ont préféré rester dans un pays où la compétence est mieux considérée qu'un extrait de naissance...Trouvant là de meilleures conditions de vie et de travail et, surtout l'âme soeur avec laquelle ils affronteront les douces tempêtes, ils s'installent définitivement dans ce pays qui deviendra la patrie d'une progéniture qui connaîtra peut-être les mêmes déchirements en ignorant toutefois les bienfaits d'un état d'urgence artificiellement prolongé... Le bon côté de cette sorte de «bi»sera de servir de pôle d'attraction à tous les autres membres de la tribu désireux de faire le grand saut...Nous éviterons de parler de l'autre catégorie de «bi», celle qui a choisi d'aller là-bas blanchir un argent mal acquis ou de remuer le couteau dans la plaie en évoquant le sort des autres «bi»: ceux qui font leur service militaire en Israël, comme Klarsfeld et Gilad Shalit!


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