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Les arts comme loisirs En l'absence de débouchés



Les arts comme loisirs En l'absence de débouchés
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali

Parmi les associations culturelles oranaises qui pallient les insuffisances de l'école algérienne en termes d'enseignement de dessin à l'adresse de la frange juvénile, l'association Le Libre Pinceau reste, probablement, l'une des plus actives. Depuis bientôt douze années, l'association, sise au centre-ville d'Oran, rue Marcel Cerdan, offre aux dessinateurs en herbe de 7 à 16 ans la possibilité de s'essayer aux arts plastiques en mettant à leur disposition ses locaux et le matériel nécessaire et, surtout, une écoute attentive à leur sensibilité artistique. Plus encore, Le Libre Pinceau organise annuellement des concours nationaux à l'issue desquels les dessinateurs lauréats sont primés dans un cadre officiel en présence du grand public et des médias ; ce qui est extrêmement encourageant pour les jeunes talents. «L'idée est aussi bien de promouvoir le talent artistique des enfants que de leur procurer la joie de participer à une compétition sanctionnée par des cadeaux en fin de parcours», avait expliqué le président de l'association, Nasreddine Bentayeb, lors de la préparation de la 11e édition du Salon national des dessins d'enfants qui, l'année passée, avait réuni 400 'uvres réalisées par des enfants et exposées à la Médiathèque d'Oran. Quatre cents réalisations sélectionnées, sur un ensemble de 1 200 dessins que des enfants avaient envoyés de toutes les régions du pays. Malheureusement, déplore le président, ce travail ne bénéficie pas toujours de l'aide des pouvoirs publics et les responsables sollicités pour soutenir ces manifestations répondent rarement présent. Ce qui contraint les membres de l'association à redoubler d'efforts pour mener à bien une mission qui, si elle procure joie et satisfaction au bout du parcours, n'en exige pas moins sacrifice et don de soi. A Oran, l'offre de formation artistique se limite en grande partie à quelques associations qui, comme celle citée, permettent aux enfants d'avoir des sensations impossibles à vivre à l'école où arts et sports, pourtant reconnus comme disciplines importantes, sont laissés en marge de l'enseignement. Et les parents qui désirent inculquer à leurs enfants les rudiments du dessin ou de la musique doivent trouver une association «qualifiée», ce qui n'est pas gagné d'avance, ou casser leur tirelire pour s'offrir les services de professionnels. Et dans tous les cas, ces tentatives finissent toujours par avorter parce qu'il n'existe pas encore de débouchés sérieux qui permettraient aux artistes de vivre de leur art. Et les exemples de talents gâchés sont légion qui démontrent que la pratique artistique en Algérie continue d'être appréhendée en tant que loisir'.
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