à 24 heures des élections législatives, les Oranais affichaient une indifférence visible. Jamais le contexte n'aura été aussi difficile pour un tel scrutin car, deux semaines après le lancement de la campagne électorale, les citoyens font face à un pouvoir d'achat érodé et un quotidien de plus en plus difficile.
Pas moins de 18 candidats sont en lice pour succéder aux anciens députés. La campagne électorale qui a pris fin, avant-hier, à minuit, s'est déroulée dans une ambiance lourde, faite d'incertitudes malgré les promesses électoralistes des uns et des autres.
Sur le plan de la popularité, seuls Ali Laskri (FFS) et Abdallah Djaballah (PJD) ont 'osé' braver le contact de la population en faisant une brève apparition dans le quartier populaire de M'dina J'dida. 'Les candidats qui sont venus à Oran disent tous qu'ils ne sont pas venus pour le pouvoir mais pour faire changer les mentalités. Mais personne n'a daigné dire la vérité qui est de dire qu'on ne doit pas continuer à accepter que les gens vivent dans la misère dans un pays riche, avec les enfants qui frappent aux fenêtres des voitures car ils n'ont pas d'autres moyens pour trouver de l'argent. Nous ne voulons pas de ça', s'écrient des mères de famille indignées. 'Dans l'Algérie de 2012, il y a des gens qui sont contraints de manger des légumes pourris dont ne veulent pas les marchands à la Bastille ou au marché de Sidi-Okba', affirment des pères de famille.
'Il faut que cette situation cesse et ce n'est pas avec les discours creux qui se ressemblent que les choses vont bouger. Où est l'autorité de l'Etat quand des spéculateurs tiennent en otages des millions d'Algériens en fixant les prix des légumes et autres produits de consommation à leur guise '', clament-ils. 'Les candidats ne savent pas galvaniser la foule. Au micro, les candidats disent n'importent quoi, tout en oubliant que l'enjeu électoral nécessite des propositions concrètes, rationnelles, étudiées et spécifiques à chaque région du pays', indique, pour sa part, cet ancien militant d'un vieux parti.
Le sentiment d'exacerbation est particulièrement palpable dans des quartiers excentrés et déshérités de la wilaya d'Oran. À seulement cinq petites minutes de la ville, le visiteur est frappé par l'état d'abandon de milliers de citoyens. Les bonnes volontés d'Abdelmalek Boudiaf, wali d'Oran, ne sont pas parvenues à bout du chômage qui frappe Sidi-Bachir. Car le problème est plutôt de dimension nationale. Il aurait préfiguré la carte politique des candidats à la députation qui ne se déplacent jamais dans ces bourgades si 'proches des yeux et si lointaines du c'ur'. 'Personne ne vient s'enquérir de notre vécu, car nous manquons absolument de beaucoup de choses. Si la pomme de terre a atteint le prix historique de 120 DA à Oran, ici, nous l'avons payée à 140 et 150 DA', se plaignent des pères de famille. Cette évidence renseigne sur l'étendue de détresse des milliers de familles qui aspirent à vivre décemment.
Dans ces familles nombreuses, c'est souvent une seule personne qui travaille pour 'ramener le pain à la maison'.
De quoi inspirer les futurs députés qui devront quitter fréquemment leur siège en s'inquiétant du sort de leurs concitoyens.
K. R-I
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : REGUIEG ISSAAD K
Source : www.liberte-algerie.com