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Le wali met à plat la nouvelle approche de la gestion locale



Le wali met à plat la nouvelle approche de la gestion locale
Avant de convoquer son exécutif, 48 heures après le conclave gouvernement-walis, le premier responsable de la wilaya savait pertinemment qu'un simple petit cours pédagogique sous la coupole de l'hémicycle ne pouvait suffire pour expliquer la nouvelle approche de la gestion locale dictée par la conjoncture économique actuelle. La technicité du thème qui requiert pour l'assistance au moins l'abc de la gestion économique et du management entrepreneurial était l'une des difficultés qui rendaient improbable l'assimilation du nouveau concept -et partant la nouvelle ligne de conduite- pour une composante hétéroclite et généralement non formée d'assemblées élues. Il fallait donc trouver les mots simples, se servir d'exemples didactiques puisés dans le vécu, pour vulgariser à l'échelon des gestionnaires des collectivités locales la stratégie gouvernementale quasi-imposée par la grosse chute des recettes pétrolières. «Nos politiques étaient centrées sur le social. La création de richesses n'était pas au centre de nos intérêts. Même les infrastructures que nous construisions, nous ne cherchions pas trop à les rentabiliser. Ce qui importait, c'était la réalisation. Aujourd'hui, la conjoncture économique mondiale nous impose une approche adaptée. Jusque-là, l'essentiel de nos actes de gestion se rapportait aux marchés publics. Ce n'est désormais plus dans l'air du temps», a reconnu Abdelghani Zâalane qui donnait l'air, avant-hier mardi, d'avoir fait monter de plusieurs crans son franc-parler, se conformant a priori à la lettre et à l'esprit de la règle éthique : «dire la vérité», recommandée à tous les étages de la communication institutionnelle dans le discours du Premier ministre, samedi dernier à Djenane El Mithak (Alger).«Les nouveaux objectifs assignés au gestionnaire local, ce sont la création de richesses, l'investissement productif, la création d'emplois(…) L'investissement doit devenir un réflexe naturel, un automatisme, chez les administrateurs locaux. Bref, qu'il soit maire, chef de daïra ou wali, le responsable devient désormais un manager d'entreprise. Il doit, au premier chef, accompagner les investisseurs potentiels ou déjà actifs sur son territoire. Nous avons cet avantage à Oran qu'on n'a pas besoin d'aller taper à la porte des investisseurs pour les faire venir. Tout le monde veut faire des affaires à Oran. On n'a qu'à trier les meilleurs et leur prêter main-forte. Allez-y, convoquez des réunions avec les chambres de commerce, les organisations patronales, les chefs d'entreprises. Invitez-les, écoutez-les, facilitez-leur les choses…», a exhorté le wali. Par enchaînement, il s'est retrouvé à expliciter les nouvelles règles du jeu en matière d'investissement introduites par la LFC-2015, laquelle table sur une baisse des recettes des exportations d'hydrocarbures de 50% cette année par rapport à 2014 (34 milliards de dollars de recettes en 2015 contre 68 md USD en 2014). C'est dans cette logique de substitution à l'importation et de l'encouragement de l'entreprise et la production nationales que la LFC 2015 prévoit la révision à la baisse du taux l'IBS à la faveur des producteurs nationaux, la réduction de TAP la production de biens le BTPH, des facilités pour le foncier industriel en simplifiant la procédure de création d'entreprises et de l'accès au foncier, et ce à travers la mise en place d'un guichet unique qui remplacera le Calpiref, a rappelé M. Zâalane. Il a indiqué en substance que l'Etat, converti ainsi à un rôle de «gestionnaire», se retrouve investi dans une approche comptable et à court terme des politiques publiques conçues comme sources de «dépenses» et devant générer des résultats à court terme. L'introduction des logiques d'évaluation est là pour sommer les différents acteurs, dans le secteur public notamment, de justifier les ressources et budgets alloués par des résultats tangibles et visibles dans les champs de leur responsabilité.


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