A l'approche de l'échéance de livraison fixée par le wali à la mi-mai, c'est une vraie course contre la montre dans laquelle sont engagés les différents intervenants sur le chantier de l'évitement de Mers El-Kébir.Dans la dernière ligne droite avant l'arrivée, on met toutes voiles dehors pour rendre prête à l'usage cette liaison autoroutière RN2-Corniche supérieure.
Le dernier maillon qui tarde à rejoindre le circuit, à savoir le tronçon entre l'échangeur à hauteur de la base navale et la route en corniche proprement dite et qui s'étend sur 5 kilomètres, est bien sûr le segment qui focalise les efforts de rattrapage. C'est là en effet dans ce n?ud qui tarde à se défaire que le chantier bat son plein sous l'impulsion des instructions données par le chef de l'exécutif qui avait notifié lors de sa visite du 31 mars un délai ferme, le 15 mai, pour la livraison de l'ouvrage. En raison de la nature du sol, un terrain argileux et fort accidenté, les excavations et les terrassements avaient provoqué des accidents en cascade, sous forme d'affaissement de sol, tassement ou éboulement. Pour y remédier, l'on a dû, après maturation de l'étude, recourir à des dispositifs de protection et de confortement, dont notamment un mur de soutènement et un viaduc. Le mur en 86 pieux qui a pour fonction d'arc-bouter et de retenir le massif argileux, long de 240 mètres, en est à 80% d'avancement. Il reste le dispositif de retenue non encore lancé, l'ouvrage hydraulique qui est à 90%, les travaux d'enrochement à moitié faits, ainsi que la chaussée et la signalisation en dernier lieu. Alors que sept entreprises mettent les bouchées doubles pour aménager et relooker le prolongement de l'échangeur de part et d'autre du boulevard pénétrant de Mers El-Kébir, le lot relatif à l'aménagement du talus longeant l'ouvrage semble avoir des relents d'un bon chantier, qui saura a priori respecter son délai, 9 mois.
La route en jonction : le maillon casse-tête
Pour un coût de 18,3 milliards, ce projet consiste à stabiliser le terrain aux abords du viaduc, éliminer les risques de glissement de terrain et d'érosion tout en remédiant aux ravinements de matériaux qui colmatent les exutoires et inondent la RN2, avec à la clé la végétalisation du monticule de bout en bout. Le wali avait, on s'en souvient, opposé un niet à la proposition formulée sur place consistant à confier l'éclairage de cette nouvelle liaison à l'EPIC Ermes Oran. «Il n'en est pas question. Nous avons assez chargé cette petite entreprise. Nous n'allons tout de même pas la mettre à genoux ! Non, il faut contacter une autre entreprise publique. Ceci dit, les travaux d'hydraulique ne doivent pas attendre jusqu'à la fin du chantier de la DTP, il faut lancer à très brève échéance».
Le wali avait donné un ultimatum ferme, la mi-mai prochaine, pour l'ouverture de l'évitement de Mers El-Kébir qui «doit être impérativement mis en service avant le début de la saison estivale dont le coup d'envoi officiel est prévu le 1er juin», avait-il insisté.
Aménagements collatéraux et traitement du talus
Quel effet aura en fait l'évitement de Mers El-Kébir sur la Corniche ' Un désengorgement partiel du trafic et une fluidification relative du flux. C'est une conséquence logique en attendant d'y voir plus clair avec la mise en service du segment dès la pré-saison, vers la mi-mai. Mais de là à dire qu'il en découlera une décongestion totale et définitive, c'est aller vite en besogne. Comme son nom l'indique, cette infrastructure routière permettra de contourner la ville de Mers El-Kébir. C'est un détour, une boucle extra muros. Ce qui n'est pas rien, loin de là, dans la mesure où la section de la Corniche inférieure longeant Mers El-Kébir est l'un des goulots d'étranglement les plus incommodes de cette desserte, comme il y'en a beaucoup. Si ce n'est le pire d'entre eux. Cette nouvelle liaison, via échangeur à hauteur de la base navale, entre la RN2 et la Corniche supérieure, au point d'intersection CW44-CW45 au lieudit Aïn Khedidja, va permettre donc d'éviter -et même d'anéantir- le gros bouchon qui se forme tout au long de ce tronçon cauchemardesque et bien au-delà, jusqu'à Saint Rock à l'entrée d'Aïn El-Turck. Dans les deux sens s'entend. Le piège «Sainte-Clotilde/Marsa», tout le monde le connaît mais personne n'y échappe. Les abonnés de la navette sont les plus lésés, les estivants habitués de la destination Oran dans une moindre mesure. Pour les uns comme pour les autres, ce long calvaire ne sera à coup sûr qu'un mauvais souvenir dès la mi-mai avec l'entrée en matière de l'échangeur de Mers El-Kébir. Bien évidement, les bienfaits du nouvel évitement autoroutier ne seront ressentis dans toute leur étendue et à leur plus haut degré qu'après le mois de ramadhan, pratiquement à partir du début du grand déferlement sur le littoral.
Un mois pour les réajustements
Ce qui offrira d'ailleurs aux pouvoirs publics un bon intervalle de test, une période d'adaptation à même de leur permettre d'opérer d'éventuels réglages (en matière de logistique, signalisation, schéma de régulation, plan de transport, stratégie de prévention et de sécurité routières…) en mode «niveau moyen» du débit du flux avant de passer au «niveau maximal» coïncidant avec le rush estival. Dans cette optique, l'un des points élémentaires à prendre en charge dès aujourd'hui est l'éclairage public qui fait défaut sur la Corniche supérieure de part en part. Cet aspect avait été évoqué lors de la récente visite du wali par le biais de laquelle il avait fait l'annonce de l'ouverture de cette route dès la mi-mai, à la faveur d'un point de situation présenté sur place. La mise en place du réseau sur tout le circuit long de 12 kilomètres, sans compter la longue partie sinueuse CW45 qui démarre de la trémie de «Coca» et se branche avec la CW44 au carrefour sur lequel débouche la nouvelle connexion RN2-Corniche supérieure, est mission impossible avant l'échéance d'ouverture. Même l'étude n'est pas lancée par la DTP. Le strict minimum serait d'éclairer la jonction entre l'ouvrage d'art de la RN2 et l'itinéraire montagneux déjà prêt, c'est-à-dire le tronçon en cours de chantier : le dernier anneau de la boucle qui tarde à venir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H S
Source : www.lequotidien-oran.com