Oran - Revue de Presse

Le TRO, Mahmoud Abdelaziz,Youssef Chahine, l'Ahaggar... Oran à l'heure du cinéma arabe



Contrairement à l'année dernière, l'ouverture officielle de la seconde édition du Festival international du film arabe d'Oran a eu lieu au théâtre Abdelkader Alloula. Dans l'après-midi du jeudi, c'est-à-dire quelques heures avant le coup d'envoi, on réglait les dernières retouches au sein de la salle de théâtre pour réussir la cérémonie d'ouverture. Autre nouveauté par rapport à la précédente édition, cette année on a installé un écran géant sur la place du Premier Novembre pour permettre à la foule de suivre quelques projections programmées lors de cette manifestation. Mais ce qui est notable, c'est le déploiement impressionnant des forces de l'ordre tout autour du TRO et le filtrage systématique des invités. Ce qui n'a pas manqué de causer quelques désagréments aux passants et surtout aux automobilistes qui ont été empêchés d'emprunter certaines ruelles.

Avant de rejoindre le TRO, les membres du jury, les invités du festival et les organisateurs ont été reçus à la mairie d'Oran. Pour faire dans le faste, les organisateurs ont mobilisé tout un parc automobile pour emmener les festivaliers du siège de la mairie jusqu'aux marches du TRO. Pour casser ce conformisme, Mahmoud Abdelaziz, une des vedettes séjournant actuellement à Oran, a faussé compagnie à son escorte pour aller serrer la main des badauds massés en face du perron de la mairie. Ce geste a été apprécié par le public qui connaît cet acteur à travers notamment son film Raafat El Hadjjane. La cérémonie d'ouverture a débuté par la présentation des membres des deux jurys, celui des longs métrages et celui des courts métrages. Présidé par Doreid Laham, le premier est composé de l'Egyptienne Ilhem Chahin, Bahia Rachdi et la Libanaise Claudia Marchénian. Trois hommes figurent dans ce jury: le Marocain Mohamed Meftah, l'Emirati Messaoud Amrallah et l'Irakien Orfane Rachid.

Hamraoui Habib Chawki, en sa qualité de commissaire de ce festival, a honoré lors de la cérémonie d'ouverture quatre noms du cinéma arabe «dont l'oeuvre et le parcours ont marqué ce cinéma», dira-t-il. Mouna Ouacef est la première à recevoir l'Ahaggar d'honneur, suivie d'Ahmed Rachdi, Mahmoud Abdelaziz et feu Mustapha Akkad. C'est la soeur du réalisateur d'Arrisala, invitée par le festival, qui a reçu le trophée. Dans son allocution, le patron de l'ENTV n'a pas manqué de rendre un vibrant hommage à Youssef Chahine, se trouvant actuellement à Paris suite à une hémorragie cérébrale. Le ballet national de danse a agrémenté la cérémonie d'ouverture par une somptueuse chorégraphie targuie.

Lors d'un direct sur les ondes de la radio locale, jeudi dernier, Hamraoui Habib Chawki a été interrogé plus d'une fois sur le choix du TRO pour la cérémonie d'ouverture. Dans son allocution, il a constaté qu'Oran ne dispose pas d'infrastructures appropriées pour abriter une manifestation de la taille du festival du cinéma arabe. En effet, la salle Régent, pouvant contenir plus de six cents places, a été totalement saccagée lors des dernières émeutes. Dans les milieux du TRO, on indique que le patron de l'ENTV a promis de céder la sono à cette institution culturelle ramenée spécialement d'Alger pour les besoins de la cérémonie d'ouverture.

Dans l'après-midi d'hier, deux des douze films en compétition ont été programmés dans la salle Colisée. Il s'agit d'Identité du Syrien Ghassan Shmeit. Produit en 2007, ce film traîne déjà derrière un palmarès. En mars dernier, il a obtenu la première distinction du Festival méditerranéen de la ville de Tétouan. Il a aussi participé au Festival d'El Ayyoune. Le second film est Ayrouwen d'Ibrahim Tsaki. Il est produit en 2008. Il décrit une relation amoureuse entre un Targui et une Française. D'où le nom targui. Les deux projections programmées pour l'après-midi du vendredi, on peut parler de l'entame réelle du festival. Mais quelle attitude aura le public oranais ? Va-t-il se réconcilier avec les salles de cinéma ou au contraire préféra-t-il les sorties à la plage ? Voilà un des défis à cette manifestation qui prendra fin la semaine prochaine...


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