Oran

Le tourisme a changé le visage d'Istanbul Reportage : les autres articles



Le tourisme a changé le visage d'Istanbul                                    Reportage : les autres articles
Quand j'ai commencé ma carrière dans les années 1970, on était alors en pleine guerre civile et, à cette époque, promouvoir le tourisme c'était comme faire acte de résistance étant donné que l'ouverture vers les autres n'était pas du goût de la police», explique E. Baki Özka qui nous avait accueillis à l'aéroport, Atatürk d'Istanbul, pour une première visite guidée le long du parcours (notamment le boulevard Kennedy qui donne sur la mer Marmara) menant à notre hôtel le grand Oztanik.
«A l'époque, je pouvais, énumérer tous les hôtels de la Turquie alors qu'aujourd'hui, malgré mon ancienneté dans le métier, je n'arrive même pas à compter les établissements existant à Istanbul», ironise-t-il avant d'ajouter : «Nous avons construit les hôtels et les touristes sont venus.» Mais la réalité n'est sans doute pas aussi simple. La charge historique (Byzance, Constantinople, l'empire ottoman, etc.) visible à travers les monuments et les anciens remparts et les mythes qui entourent cette mégapole de 15 millions d'habitants, carrefour tentaculaire entre l'Asie et l'Europe y sont pour beaucoup dans la renommée de la ville.
Entre l'Asie et l'Europe, le c'ur balance
Le souvenir de l'Orient-Express est toujours vivace et l'image de tout un train transporté par bateau pour traverser le Bosphore est un récit qui est encore raconté aujourd'hui comme un conte moderne. Mais c'est sans doute la route de la soie qui a façonné cette cité millénaire, en ancrant l'activité commerciale au plus profond de la vie sociale et même culturelle. On estime à un million le nombre de visiteurs étrangers qui viennent spécialement pour faire des achats, soit dans les centres commerciaux modernes qui ont proliféré ces dernières années, soit dans les grands bazars traditionnels, là où les odeurs des épices chatouillent les narines et où subsistent encore les anciens codes de marchandage et les règles de bienséance, car on y offre toujours le thé aux visiteurs intéressés. La tradition des caravansérails, ces places fortifiées, qui accueillaient jadis les caravanes des commerçants, un des symboles de l'hospitalité turque, inspire les musiciens nombreux à lui consacrer des 'uvres parfois symphoniques.
A raison de 6 à 7 visites d'hôtels par jour, le programme est relativement chargé pour la délégation algérienne, et comme parmi ses membres, Tahar, d'une agence de Constantine, connaît un peu Istanbul, c'est à lui qu'est revenue la charge, une après-midi libre, de conduire ses compatriotes vers le grand bazar d'Eminönü, accessible depuis la place Taksim où nous étions logés en empruntant le métro, puis le tramway qui traverse l'un des ponts, Galata, menant vers la corne d'Or. Toutes aussi peuplées les unes que les autres, les rues commerçantes montent depuis la place de la Mosquée vers le vieux marché couvert, dont les murs remontent à la période byzantine et caractérisé par des ruelles encore plus étroites où les échoppes sont de plus en plus petites mais riches en objets et effets divers. On y trouve de tout. Des produits (joaillerie, tissus, souvenirs, confiserie, etc.) fabriqués localement, mais aussi importés et revendus à prix fort, si on ne sait pas négocier.
Des quartiers qui ne dorment jamais
Questionné sur l'origine de quelques bijoux traditionnels d'apparence exotique, un vendeur répond sans hésiter : «Afghanistan». Les marchands semblent parler toutes les langues du monde. Il suffit de décliner sa nationalité pour que le dialogue se mette en place. «Contrairement à d'autres capitales européennes, ici le commerce est détenu exclusivement par des nationaux», remarque M. Belaïd d'une agence de voyages oranaise. Ce marché, très fréquenté, en dehors des touristes, par les habitants de la ville de modeste condition en quête de bas prix, contraste avec le faste qui caractérise les magasins modernes du boulevard Istiklal, un autre lieu d'attractions. Mais contrairement à Eminönü où l'activité cesse au coucher du soleil, ce boulevard et ses rues adjacentes, un des c'urs palpitants de la ville, veille jusqu'au matin. Dans les boîtes de nuit, les rythmes orientaux se mêlent aux musiques les plus improbables comme celles diffusées par le «James Joyce», un pub irlandais. Pour attirer les clients, certains établissements vont même jusqu'à placer à l'entrée des écrans de télévision montrant l'ambiance à l'intérieur. Taksim est un des vieux quartiers de la ville qui s'est peu à peu transformé avec la construction de plusieurs conglomérats d'hôtels classés (4 étoiles et plus) à la place des vieux immeubles.
On en voit encore quelques-uns aux façades fissurées et servant de refuges aux sans domicile fixe que la police surveille, mais c'est en général le tourisme qui a pris le dessus. «Il y a à peine 25 ans, il était extrêmement risqué de sortir le soir dans ce quartier à cause des risques d'agression. Aujourd'hui, grâce à tous ces établissements, la sécurité est parfaite, car ce sont les hôteliers et les restaurateurs eux-mêmes qui s'impliquent pour défendre la sérénité des lieux», nous assure-t-on.
Le tourisme ne règle pas le problème des inégalités sociales mais «quand il s'agit d'économie, tous les politiciens sont d'accord.» L'activité contribue dans une large mesure au dynamisme économique de la Turquie, (deuxième croissance mondiale après la Chine) et le pays qui reçoit 20 millions de touristes par an ambitionne d'atteindre les 27 millions à court terme.
Ce qui suppose plus de produits (services hôteliers ou biens de consommation) à vendre. La cuisine turque est l'une des meilleures au monde et le pays ayant beau être de tradition musulmane, le raki, une boisson alcoolisée qu'on consomme accompagnée de gorgées d'eau, fait partie du patrimoine local dont on entretient les aspects culturels qui lui sont liés. L'épreuve du raki était imposée aux jeunes mariés qui devaient danser avec le verre sur la tête sans en renverser une goutte.
Ce sont aussi les petites choses de la vie qui rendent agréables les séjours des touristes et pour cela, les opérateurs turcs savent s'y prendre.
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