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Le théâtre peut affronter toutes les tempêtes



Le théâtre peut affronter toutes les tempêtes
Les drames actuels au Moyen Orient et au Maghreb s'invitent avec beaucoup de douleurs sur la scène du théâtre arabe. Ce théâtre qui semble entamer un long processus, celui de questionner et de juger les tueurs, les porteurs de haine et les tortionnaires.«Celui qui parie sur l'Algérie ne perd pas. Nous sommes venus en Algérie avec l'idée de faire un nouveau pas pour le festival. L'Algérie nous a ouvert un chemin de roses. Et nous avons traversé des centaines de kilomètres vers l'avant. L'Algérie nous a ouvert toutes ses portes pour élaborer des projets de théâtre communs qui seront étalés sur une année, d'autres vont se poursuivre après», a déclaré, mercredi après-midi, à l'hôtel Le Méridien d'Oran, Ismaïl Abdallah, secrétaire général de l'Institut arabe du théâtre, lors d'une conférence de presse.Il était accompagné de Lakhdar Bentorki, directeur de l'Office national de la culture et de l'information (ONCI), coorganisateur du 9e Festival du théâtre arabe, clôturé jeudi soir à Mostaganem. Le festival s'est déroulé à Oran et à Mostaganem depuis le 9 janvier avec la participation de plus de 500 personnes entre artistes, universitaires, auteurs, chercheurs, critiques et journalistes. «L'édition de l'Algérie sera gravée dans nos mémoires. Elle nous a permis d'apprendre beaucoup de choses en matière d'organisation.C'est une édition qui a rencontré un succès populaire. Nous avons constaté un grand intérêt pour les ateliers de formation. Les stagiaires ont fait preuve de sérieux. Les débats scientifiques et les débats critiques ont été d'une grande qualité», a appuyé Ismaïl Abdallah. Le wali d'Oran, Abdelghani Zaâlane, présent également, a évoqué la grande affluence constatée lors des différents spectacles du festival. «Le théâtre a gagné de nouveaux partisans grâce au festival arabe.Chaque soir, les salles étaient archicombles. C'est une grande victoire», a-t-il confirmé. Selon lui, la balle est dans le camp des gens du théâtre pour occuper les espaces qui existent à Oran. «Nous sommes là pour créer les meilleures conditions, pas pour gérer. L'organisation des activités culturelles ne doit pas être liée au wali», a-t-il soutenu, invitant dans la foulée les artistes à animer des espaces au niveau du Jardin méditerranée d'Oran (vers l'est de la ville).Feuille de routeSelon Ismaïl Abdallah, il existe des expériences théâtrales de jeunes dans les pays arabes en quête de maturité. «Des expériences que nous respectons, mais qui ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions. Mais il faut soutenir ces jeunes, leur ouvrir les portes pour que les expériences aboutissent à un nouveau modèle dans le théâtre arabe. Le théâtre arabe a besoin d'un nouveau souffle, d'une nouvelle pensée. Ce festival et d'autres festivals arabes cherchent à célébrer tout ce qui est excellent. Nous essayons au niveau de l'Institut de contribuer pour aller vers un niveau encore plus élevé», a-t-il affirmé. Le théâtre arabe doit, selon lui, se doter d'une feuille de route claire pour s'adapter à la situation actuelle du monde arabe.Il a rappelé que l'Institut arabe du théâtre (qui est basé à Shardjah aux Emirats arabes unis) a élaboré une stratégie à long terme pour développer l'activité du théâtre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. «Le théâtre peut affronter toutes les tempêtes. Le théâtre est le dernier à jeter les armes. Il y a des défis à relever, mais il faut avoir des visions claires. Cela exige du temps», a-t-il déclaré.Interrogé sur l'absence de certains pays au festival, comme le Liban, le Yémen, le Qatar, la Libye, le Soudan et la Mauritanie, IsmaÏl Abdallah a soutenu que l'Institut sélectionne les spectacles, pas les pays. «Aussi, peut-on prendre deux à trois spectacles du même pays. Le Festival arabe est connu pour être le plus strict dans la sélection des pièces pour la compétition ou pour le Off. Pour arriver à la finale, il faut passer par plusieurs filtres à travers les commissions nationales et la commission arabe de sélection de l'Institut, selon des critères précis. Chaque commission nationale propose quinze spectacles.Après visionnage des pièces, la commission arabe annonce ses choix. Des choix qui sont liés tant aux aspects artistiques qu'au contenu. Nous ne mêlons pas du travail des commissions», a-t-il relevé. Il a souligné que le grand prix Al Kacimi est donné au meilleur spectacle arabe de théâtre, pas au meilleur Etat. Il n'a pas écarté d'étudier la possibilité de créer dans le futur d'autres prix (meilleure mise en scène, meilleure scénographie, etc.).Comme il a annoncé que des metteurs en scène arabes seront sollicités par l'Institut pour assurer des cours de formation dans chaque pays et sortir avec une nouvelle pièce de théâtre. Les pièces produites seront présentées lors du festival dans une troisième section. «Nous voulons également nous ouvrir sur la diaspora arabe, souhaitons créer une quatrième section qui sera consacrée aux pièces produites par les Arabes qui vivent en dehors de leurs pays», a précisé Ismaïl Abdallah. L'Institut a créé un réseau des hommes de théâtre de la diaspora arabe qui sera actif bientôt.Théâtre à l'écoleL'Algérie et l'Institut arabe du théâtre ont signé une convention comportant plusieurs projets et opérations. La teneur de cette convention sera annoncée dans les prochains jours par les responsables de l'ONCI. «L'ONCI ne veut pas exercer de monopole. Il est un médiateur entre l'Institut arabe du théâtre et les artistes algériens. Nous allons avoir beaucoup de projets communs», a soutenu Lakhdar Bentorki.Ismaïl Abdallah a évoqué l'entretien qu'il a eu avec la ministre de l'Education, Nouria Benghebrit, à Mostaganem, sur le projet d'un festival du théâtre pour enfants en Algérie. «Nous avons discuté d'une stratégie arabe pour développer le théâtre pour enfants qui s'étale sur dix ans. Nous allons commencer par l'initiation des formateurs. Ces dernières années, l'Institut a assuré des ateliers pour plus de 3000 formateurs dans les pays arabes. Ils auront la charge d'animer les espaces de théâtre dans les écoles en formant chacun vingt enseignants.A terme, nous aurons 60 000 enseignants spécialisé dans l'animation théâtrale à l'école vers la mi-2018», a-t-il précisé, évoquant également un festival arabe du théâtre scolaire. La 10e édition du Festival du théâtre arabe pourrait avoir lieu en Tunisie, selon des indiscrétions. La Tunisie devait abriter la deuxième édition du Festival mais la manifestation a été annulée en raison des bouleversements politiques dans ce pays à l'époque (chute du régime de Ben Ali).
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