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Le tamaris, un arbuste en voie de disparition



Ce sont ces arbustes qui poussent sauvagement tout au long des deux rives de l'oued.Oued El-Hammam prend sa source à partir du barrage de Bouhanifia, traverse la ville des thermes, la commune d'El-Gueithna, celle de Hacine et finit sa course en se déversant dans le barrage de Fergoug. Le tamaris (el-âarich) fait partie du paysage de la région, car étroitement lié aux rivières. Ce sont ces arbustes qui poussent sauvagement tout au long des deux rives de l'oued. Ces arbrisseaux à très petites feuilles et à grappes de fleurs roses sont en voie de disparition, à en juger par la situation qui prévaut le long des rives qui longent oued El-Hammam, plus précisément entre Hacine, Bouhanifia et Fergoug sur une distance de plus de 30 km.
En effet, le tamaris, appelé el-âarich en langage populaire dans les environs, a été volontairement arraché et remplacé par la plantation de cultures maraîchères et autres arbres fruitiers. Les auteurs de ces actes n'ont nullement été dérangés par les agents de la police des eaux, encore moins par les services de sécurité ou ceux des APC, ce qui dénote du très peu d'intérêt accordé par certains à la nature. Plantées en bordure de la rivière, ces cultures sont irriguées outrageusement grâce aux motopompes immergés dans le cours d'eau et aux tuyaux enfouis sous terre loin des regards.
Outre son efficacité contre l'érosion, le tamaris servait à d'autres usages. Il faisait office de refuge pour les lapins et les furets sauvages que les gens de la région tentaient de capturer en plaçant des pièges à l'entrée des terriers. Les automobilistes, visiteurs, curistes ou désireux prendre un bain à Bouhanifia, seuls ou en familles, lors de leurs passages dans la région, attirés par le paysage, n'hésitaient pas à observer une halte, s'installaient à l'ombre des branches et profitaient du calme qui y régnait pour se reposer après avoir mangé. Dans un passé récent, les gens de la région arrachaient les grosses branches du tamaris et les utilisaient pour allumer le feu.
Faute de bois, les mamans s'en servaient pour se réchauffer, chauffer de l'eau et préparer les repas sur le kanoun. Aujourd'hui, le tamaris a été déraciné, et s'étalant sur plusieurs kilomètres en bordure des deux rives, plusieurs vergers ont poussé. Ce sont des orangers, des pommiers, des citronniers, des oliviers et des figuiers qui ont été plantés sur ces superficies de terre récupérées et exploitées illégalement par les opportunistes qui ont mis à profit cette situation de confusion, partis avec l'idée que ces terrains ne sont la propriété de personne pour s'enrichir. "Si la première personne qui a eu l'idée d'arracher le tamaris et de procéder à la plantation de ces arbres n'a pas été inquiétée, celles qui ont suivi ont déchiffré le message.
Aujourd'hui, il est plus difficile de leur ôter cette idée de la tête. Pour certains, ces lopins de terre leur appartiennent désormais, et le fait d'avoir placé des enclos témoigne de leur volonté à vouloir s'approprier ces surfaces. Même leurs enfants réfléchissent autrement. Pour eux, ces parcelles appartiennent à leurs parents, ce qui leur ouvre droit de les exploiter. Si des mesures fermes ne sont pas prises pour mettre un terme à ce massacre, d'autres problèmes plus graves vont survenir." Telle est la version d'un élu de la commune d'El-Gueithna.
Quant à Si Hadj Mohamed, un exploitant d'une parcelle de terre, "le tamaris (el-âarich) est une plante sauvage qui ne sert à rien. Nous avons décidé de nettoyer ces terres de ces plantations et de les rentabiliser. Le paysage est plus attractif et tout le monde en tire profit. Moi, je cultive la terre, le citoyen est servi en produits et l'environnement plus sain. Il ne faut pas oublier que des bêtes sauvages tels que les serpents trouvaient refuge dans les arbustes, mettant en danger la vie des citoyens. Nous avons permis aux gens de circuler en toute quiétude. En outre, nous n'avons confisqué ces terres à personne et nous ne dérangeons personne".

A. B.
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