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Le spectre de l'après-17 avril



Le spectre de l'après-17 avril
Une journée après l'annonce par procuration de la candidature de Abdelaziz Bouteflika, la question de savoir qui va gouverner après le scrutin présidentiel se pose avec acuité.Si les partisans du chef de l'Etat semblent ne se poser aucune question, faisant semblant d'être résignés, l'opposition, la presse et certaines personnalités de haut rang s'inquiètent de l'avenir immédiat du pays. Car après un an de maladie, il est loisible de constater une quasi-vacance du pouvoir. Réduit à un état presque végétatif, le chef de l'Etat n'est plus en mesure de gouverner. «Comment un homme, incapable de s'occuper de son propre corps, peut-il s'occuper d'un aussi grand pays que l'Algérie '», s'interroge Abdallah Djaballah. Qui prendra le gouvernail après le scrutin présidentiel ' Certains observateurs se posent cette question depuis l'admission du chef de l'Etat à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce, en avril 2013. Pis, les interrogations sur le réel état de santé du président de la République remonte à plus loin que cela, puisque son dernier discours remonte à avril 2012.«Nous nous posons la question de savoir qui va gouverner à la place de Bouteflika après l'élection», a indiqué le président du MSP, Abderrazak Makri. «On se dirige vers une gouvernance par procuration, ce qui ouvre la voie à l'opacité, voire la corruption», estime le chef islamiste, contacté samedi.Les commentaires faussement rassurants du Premier ministre à Oran sur le message du Président, à l'occasion de la Journée du chahid, coïncidant avec le 18 février, incitent, finalement, à la réflexion sur l'identité de son auteur ! «Vous avez certainement reconnu son style», a avancé le Premier ministre, avec un léger sourire narquois. L'activité du chef de l'Etat est-elle réduite à envoyer des messages ' A se fier aux analystes qui ont décrypté le message présidentiel, le chef de l'Etat n'en serait pas l'auteur. A-t-il, dans ce cas, toutes les capacités physiques lui permettant de gérer les affaires courantes de l'Etat '«Si le chef de l'Etat était capable de gouverner, il annoncerait lui-même son intention de candidature», a commenté de son coté l'ancien parlementaire FFS, Mohand Arezki Ferrad, qui s'est prononcé sur une chaîne privée. Une thèse que n'a pu nier le Premier ministre lui-même : «Le Président jouit de toutes ses facultés intellectuelles. Mais même lorsqu'il a eu des soucis de santé, les institutions ont continué de fonctionner.» Abdelmalek Sellal réduit ainsi au seul volet intellectuel la santé du chef de l'Etat.La santé de Abdelaziz Bouteflika étant déclinante, la question de celui ou de ceux qui gèrent les affaires de l'Etat se pose. Même si, dans les faits, certaines prérogatives ne peuvent être déléguées. C'est le cas de cette bonne dizaine d'ambassadeurs qui attendent de remettre leurs lettres de créances au chef de l'Etat depuis au moins une année. La thèse du poste de vice-Président qui serait créé après une révision de la Constitution est sur la table. Mais tout reste confus et les Algériens sont en droit de savoir.


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